Etre une femme ou d'origine africaine réduit les chances de trouver un emploi

DISCRIMINATION Ces inégalités sont en partie imputables à la discrimination à l’emploi…

C. A. avec AFP

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Clichy la Garenne. Agence Pole Emploi Clichy. Occupation de manifestants precaires et chomeurs a la veille du sommet social. Mouvement des desobeissants Occupons Pole Emploi. Illustration ordinateur recherche d'emploi.
Clichy la Garenne. Agence Pole Emploi Clichy. Occupation de manifestants precaires et chomeurs a la veille du sommet social. Mouvement des desobeissants Occupons Pole Emploi. Illustration ordinateur recherche d'emploi. — A. GELEBART / 20 MINUTES

Certaines discriminations ont du mal à disparaître. Etre une femme ou originaire du continent africain reste un désavantage lorsque l’on cherche à décrocher un emploi en France, selon une étude publiée jeudi par France Stratégie.

« Les hommes sans ascendance migratoire ou d’origine européenne restent significativement avantagés sur le marché du travail », souligne ainsi cette étude réalisée par l’organisme de réflexion rattaché à Matignon.

Des inégalités imputables à la discrimination

« A caractéristiques égales, ils ont un accès privilégié à l’emploi, notamment au CDI à temps plein et ils bénéficient de salaires plus élevés », poursuit France Stratégie. L’organisme s’est penché sur les inégalités « inexpliquées » sur le marché du travail, imputables en partie à la discrimination (origine, sexe, résidence).

Les hommes sans ascendance migratoire ou d’origine européenne sont mieux lotis que ceux originaires des Dom (Guyane, Martinique, Guadeloupe, Réunion) et du continent africain, Maghreb compris, dont les salaires sont plus faibles, le « sur-chômage important » et l’accès aux postes les plus rémunérés « moindre ».

Les femmes perdantes sur plusieurs tableaux

Quelle que soit l’origine, les hommes ont plus de chances que les femmes d’accéder aux 10 % des salaires les plus élevés. Ces dernières « restent perdantes sur de nombreux tableaux : elles ont un taux d’activité plus faible, des salaires inférieurs à poste donné et un accès difficile aux postes les mieux rémunérés », souligne l’étude.

De manière générale, les femmes rencontrent plus de difficultés à trouver un emploi que les hommes, même en étant davantage diplômées.

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Moins d’écarts chez les travailleurs à temps partiel

Dans le détail, le taux de chômage chez les personnes originaires du continent africain est de 18 % pour les hommes et 13 % pour les femmes. Chez les hommes et femmes sans ascendance migratoire, il est à 6 %. Avec une ascendance européenne, le taux passe à 6,5 % pour les femmes et 6,6 % pour les hommes.

Parmi les personnes travaillant à temps partiel, les écarts en fonction des origines s’effacent sensiblement, avec un taux de chômage de 4 % pour les hommes sans ascendance migratoire (7 % pour les descendants d’immigrés Afrique-Maghreb) et de 28 % pour les femmes de la même catégorie (29 % pour les descendantes d’immigrés Afrique-Maghreb).

L’enquête se base sur une étude de l’Insee portant sur un échantillon de 22,7 millions de personnes interrogées entre 1990 et 2014 en France métropolitaine. Elle porte sur des individus nés en France et âgés de 25 à 59 ans, dont 90 % n’ont aucun parent immigré ou né dans les DOM ; 1 % sont natifs des DOM, 5 % descendants d’immigrés européens et 4 % d’immigrés africains y compris le Maghreb.