Des «esprits» hanteraient un collège de La Réunion

SOS FANTOMES Pour les élèves pas de doute, ils sont victimes d'esprits vengeurs...

20 Minutes avec AFP

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Les élèves d'un collège pendant un cours
Les élèves d'un collège pendant un cours — Frank Perry AFP

Depuis quelques jours, des élèves d’un collège de Saint-Louis, dans le sud de La Réunion, se plaignent d’un mal très étrange.

Les symptômes sont les suivants : corps agité de tremblements, yeux révulsés, incapables de se tenir debout. Les victimes affirment être victimes d’esprits vengeurs se déchaînant sur les adolescentes.

Garder la tête froide

Les « esprits » se seraient manifestés pour la première fois le 10 février, mais les faits n’ont été révélés que mardi par Le Journal de l’Ile de La Réunion.

Une première collégienne a commencé à trembler et à crier. D’autres jeunes filles ont suivi. Le personnel du collège les a prises en charge et les pompiers sont intervenus. « Ils nous ont dit qu’il n’y avait rien de tangible pour eux et donc qu’ils ne pouvaient rien faire médicalement, si ce n’est les mettre au repos », a expliqué Gervais Fontaine, principal de l’établissement, qui veut garder la tête froide.

Des esprits vengeurs

Les jours suivants, d’autres élèves ont été prises des mêmes symptômes. « Elles ne se contrôlent pas, elles ont des raideurs dans les membres, elles crient, hurlent », a raconté le principal, qui a été témoin de certaines de ces scènes.

« Ce sont des esprits », a affirmé la mère d’une élève en accompagnant son enfant jusqu’aux grilles du collège mardi matin. « L’administration nous dit que les filles font des crises d’hystérie, mais ce n’est pas vrai. Ce qui se passe ici est surnaturel, on l’a vu », a renchéri une autre mère de famille.

Rien de « tangible »

Mais le principal de l’établissement souligne que les pompiers n’ont rien trouvé de « tangible » chez les 25 élèves. Toutefois, une cellule de soutien a cependant été mise en place, composée d’une psychologue, d’une infirmière et d’une assistante sociale.

Les « crises », qui n’ont concerné que des jeunes filles, quasiment toutes originaires de Mayotte, île voisine de La Réunion, ont toujours eu lieu en public, généralement dans la cour de l’établissement. Fait particulier, les « esprits » semblent peu enclins à quitter l’enceinte du collège. Les « crises » cessent dès que les adolescentes ont franchi les grilles de l’établissement.

Les parents réclament un exorcisme

Pour certains parents, une seule solution : il faut exorciser le lieu. Certains ont évoqué l’idée de faire appel à un prêtre catholique ou un religieux hindou. Mardi, un couple se présentant comme des exorcistes musulmans a tenté d’entrer au collège pour le bénir. Il en a été éconduit, non par les « esprits », mais par le personnel de l’établissement.

« Nous sommes un établissement laïc, nous respectons les coutumes et les croyances mais cela ne doit pas empêcher ce collège de fonctionner sous les principes de la République », a rétorqué, intransigeant, le principal.

A La Réunion, carrefour d’ethnies, de religions et de cultures, les esprits, revenants et autres fantômes sont très présents dans l’imaginaire collectif.