Levallois: Patrick Balkany dément toute anomalie de gestion

JUSTICE Le maire (LR) de Levallois a fustigé la Chambre régionale des comptes qui avait étrillé sa gestion de la ville…

C. A. avec AFP

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Patrick Balkany, le 7 novembre 2014 à Paris
Patrick Balkany, le 7 novembre 2014 à Paris — Stephane de Sakutin AFP

« Je le dis haut et fort aux Levalloisiens : il n’y a pas d’anomalies », a déclaré Patrick Balkany lors d’un conseil municipal alors que la chambre régionale des comptes a épinglé sa gestion de la ville.

La chambre a mis en exergue des « anomalies de gestion » de la ville des Hauts-de-Seine à hauteur de 117 millions d’euros. Patrick Balkany, maire (Les Républicains) de Levallois-Perret, a qualifié lundi ces assertions de « fantasmagoriques ».

Une somme « fantasmagorique »

Evoquant « la disparition prétendue des comptes de la ville » de 117 millions d’euros, Patrick Balkany a qualifié l’estimation de « somme fantasmagorique ». Il la détaille ainsi : « Pour 90 millions, des restes à réaliser en recettes d’investissement ; pour 27 millions, des écritures en attente de régularisation ».

« Dans une même contorsion, additionner ces sommes semble d’une cohérence intellectuelle douteuse », a dit le député-maire de cette commune cossue voisine des beaux quartiers parisiens.

Des comptes municipaux « ni sincères, ni réguliers »

Quelques heures avant le conseil municipal, Patrick Balkany est sorti de son silence médiatique long de deux ans dans les colonnes du Parisien, niant en bloc les accusations à son encontre.

« C’est un rapport totalement à charge, truffé de choses fausses et qui ne tient absolument pas compte de nos 164 pages de réponses », dénonce-t-il. « Soit les magistrats sont de mauvaise foi, soit ils sont incompétents, et c’est grave. » Et de conclure, « pour (ma) démission, mes détracteurs peuvent attendre longtemps ! »

Dans son rapport, la chambre régionale des comptes d’Ile-de-France qualifie les comptes municipaux comme « ni sincères, ni réguliers », viciés à hauteur de 117 millions d’euros, entre 2007 et 2013. Les exercices 2007, 2011 et 2012, présentés comme équilibrés, étaient en réalité déficitaires, d’après la chambre.

Un conseil municipal mouvementé

« Si elle a pris connaissance des observations et recommandations de la Chambre, qu’elle s’est efforcée de mettre en œuvre - ou engagée à le faire -, elle n’en conteste pas moins la méthode, le parti pris et les nombreuses inexactitudes dudit rapport, qui remettent en cause la fiabilité de ce document », écrit en réponse la commune, dans un mémoire de 200 pages.

« Vos réponses à la CRC sont un outrage aux lois de notre pays ! », a répliqué le principal opposant de Patrick Balkany, Arnaud de Courson (DVD), lors du conseil municipal. « Vous avez menti. Chacun va devoir se poser la question : nous cautionnons ou nous dénonçons ? Nous sommes complices ou victimes ? Nous restons ou nous démissionnons ? ». « Vous pouvez démissionner ! », lui lance Patrick Balkany, « Après vous ! », réplique Arnaud de Courson.

 

« Ce sont des magistrats indépendants, compétents ! » qui composent la CRC, a dit la chef de l’opposition socialiste, Anne-Eugénie Faure. « Et le parquet est saisi ! », a-t-elle souligné, en faisant référence à deux enquêtes préliminaires ouvertes à Nanterre en lien avec les anomalies dénoncées par la CRC.

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