Jacqueline Sauvage: «Beaucoup de femmes se reconnaissent dans mon histoire»

JUSTICE Condamnée à dix ans de réclusion pour le meurtre de son mari violent, puis partiellement graciée par le président de la République, Jacqueline Sauvage parle pour la première fois...

H. B.

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Sylvie (g), Fabienne (2e g) et Carole Marot (d), les filles de Jacqueline Sauvage, arrivent, avec leurs avocats, à l'Elysée, le 29 janvier 2016 à Paris
Sylvie (g), Fabienne (2e g) et Carole Marot (d), les filles de Jacqueline Sauvage, arrivent, avec leurs avocats, à l'Elysée, le 29 janvier 2016 à Paris — Agnès COUDDURIER-CURVEUR AFP

C'est par les médias qu'elle avait appris sa grâce partielle, le 31 janvier dernier. Et c'est via les médias que Jacqueline Sauvage, condamnée à dix ans de prison pour avoir tué son mari violent, a décidé de sortir de son silence. Dans une interview réalisée par L'Obs, faite par écrit depuis sa prison, elle parle pour la première fois.

«J’ai d’abord été très surprise et émue de voir mes filles à la télévision. J’étais tellement contente, j’ai sauté de joie. Et j’ai parlé à la fenêtre de ma cellule. Autour de moi, en détention, certains ont partagé ma joie, d’autres ont réagi de manière insolente », raconte Jacqueline Sauvage depuis sa prison.

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«Je suis devenue un symbole sans le vouloir»

«Je suis devenue un symbole sans le vouloir. Moi, je n’avais jamais rien demandé de ma vie, je n’ai jamais été aidée par quiconque. Et puis il y a eu ce jour-là, c’est la Cocotte-Minute qui a explosé. Je pense que beaucoup de femmes se reconnaissent dans cette histoire, je m’en rends bien compte à travers tous les courriers que je reçois», ajoute-t-elle.

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«Un changement des lois et des mentalités»

Elle aimerait que son histoire fasse bouger les choses. «Ces femmes subissent, comme je l’ai vécu, la violence de leurs conjoints, terrifiées et humiliées. J’aimerais un changement des lois et des mentalités, pour que les femmes battues et leurs familles en détresse soient reconnues pour ce qu’elles sont, des victimes».

Jacqueline Sauvage a demandé une libération conditionnelle et a été transférée le 8 février à la prison de Réau, en Seine-et-Marne. C’est dans cet établissement que sa «dangerosité» doit être évaluée en vue de sa libération, envisageable pour la mi-avril.