Accident de Brétigny : Selon l’avocat de la SNCF, l’entreprise a «toujours collaboré» avec la justice

JUSTICE Le Canard enchaîné et Le Figaro ont révélé des enregistrements compromettant pour la SNCF…

20 Minutes avec AFP

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Le 15 juillet 2013 en Gare de Bondy (Seine-Saint-Denis), des agents de la SNCF inspectent et resserrent si besoin les éclisses des aiguillages des voies ferrées après l?accident ferroviaire de Bretigny-sur-Orge.
Le 15 juillet 2013 en Gare de Bondy (Seine-Saint-Denis), des agents de la SNCF inspectent et resserrent si besoin les éclisses des aiguillages des voies ferrées après l?accident ferroviaire de Bretigny-sur-Orge. — V. WARTNER / 20 MINUTES

L’avocat de la SNCF, Emmanuel Marsigny, a affirmé lundi que la justice a « toujours pu compter sur la collaboration » de l’opérateur ferroviaire pour faire la lumière sur la catastrophe de Brétigny-sur-Orge (Essonne), réagissant à de nouvelles informations faisant état de tentatives d’entrave à l’enquête.

« Les juges et les officiers de police judiciaire ont toujours pu compter sur la collaboration de la SNCF », a assuré Me Marsigny sur Europe 1, contestant les nouvelles informations publiées par le quotidien Le Figaro et selon lesquelles l’entreprise publique a tenté d’entraver l’enquête.

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« Il est bien évident que si des personnes quelles qu’elles soient ont tenté d’entraver la bonne marche de la justice, la SNCF en tirera les conséquences », a ajouté l’avocat de l’entreprise publique.

« La SNCF déplore que les médias communiquent au public un certain nombre d’écoutes téléphoniques qui sont sorties de leur contexte, qui sont partielles, qui sont partiales », a-t-il dit.

Elle « conteste » qu’il manque des documents à disposition des enquêteurs, a-t-il souligné, alors que le Figaro affirme que la SNCF a traîné des pieds pour remettre certaines pièces demandées dans le cadre de l’enquête.

La SNCF doit « arrêter la langue de bois »

L’avocat dit regretter « que Le Figaro n’ait pas publié ces extraits de ces mêmes écoutes téléphoniques où les mêmes cadres, les mêmes agents expliquent qu’ils vont dire la vérité, qu’ils ont dit la vérité ».

Deux ans et demi après cet accident, « l’information judiciaire et les experts judiciaires n’ont toujours pas apporté d’explication crédible sur ce qui s’est passé », a rappelé Me Marsigny, soulignant que pour la SNCF, « la priorité » était de faire la lumière sur ce drame.

« Le problème de la maintenance est extrêmement technique et complexe » et la SNCF veut, selon son avocat, éviter « justement de noyer les enquêteurs et les juges » sous des masses de documents. Selon plusieurs rapports d’expertise, un défaut de maintenance est à l’origine de l’accident qui avait fait sept morts en 2013.

Un peu plus tôt l’avocat de l’association « Entraide et défense des victimes de la catastrophe de Brétigny », Me Gérard Chemla, avait estimé « urgent que la SNCF arrête la langue de bois et rende des comptes à la justice et aux victimes ».