Qui est Christian Piquemal, général arrêté lors de la manifestation anti-migrants?

JUSTICE L’ancien patron de la Légion étrangère, désigné comme ayant eu le « rôle principal » dans cette manifestation interdite, risque un an de prison…

T.L.G.

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Le général Christian Piquemal (dr.) s'adresse aux partisans du mouvement Pegida, lors d'un rassemblement anti-migrants, le 6 février 2016, à Calais.
Le général Christian Piquemal (dr.) s'adresse aux partisans du mouvement Pegida, lors d'un rassemblement anti-migrants, le 6 février 2016, à Calais. — PHILIPPE HUGUEN AFP

Il est l’un des organisateurs du rassemblement hostile aux migrants qui s'est tenu à Calais samedi. Le général Christian Piquemal, désigné comme ayant eu le « rôle principal » dans cette manifestation interdite, devait passer en comparution immédiate lundi au tribunal de Boulogne-sur-Mer (Pas-de-Calais) avec quatre autres manifestants. Dans la matinée, l’homme de 75 ans avait finalement été admis au centre hospitalier en raison de son état de santé. Christian Piquemal est sorti de l’hôpital de la ville dans la journée. Son procès a été repoussé au 12 mai prochain.

Le militaire de carrière est poursuivi pour « participation à un attroupement qui ne s’est pas dissous après sommation ». Il risque une peine allant jusqu’à un an de prison ferme. 20 Minutes dresse le portrait de l’ancien patron de la Légion étrangère en quatre points.

Une brillante carrière militaire

Né en 1940, Christian Piquemal est passé par l’école militaire de Saint-Cyr. Diplômé de l’école de Supelec (Ecole supérieure d’électricité) et en ingénierie nucléaire, l’homme originaire de Haute-Garonne rejoint les régiments de parachutistes. En 1985, il est nommé chef de corps du 3e régiment étranger d’infanterie.

En 1994, Christian Piquemal prend du galon. Il devient le patron de la très prestigieuse Légion étrangère jusqu’en 1999. Il est cette année-là promu au rang de général de corps d’armée et se retire du service, après avoir passé quarante ans dans l’armée et effectué de nombreuses missions, au Tchad ou en Bosnie notamment. Le général est de 2004 à 2014 le président de l’Union nationale des parachutistes, une association d’anciens militaires français.

Un proche du général Bigeard

Christian Piquemal a été un proche du général Marcel Bigeard, mort en 2010. Cet ancien résistant, grande figure de l’armée française, a été accusé d’avoir pratiqué la torture pendant la guerre d’Algérie (ce qu’il a toujours nié). « Bigeard est une icône. Un géant. Sa vie aura été un magnifique combat (…). Héros, grand patriote, il aimait passionnément la France, il était la plus grande figure du monde parachutiste. Je l’ai servi en tant que lieutenant. Il aurait pu vous amener n’importe où, avec lui on se sentait invulnérable. Il nous fascinait », indiquera Christian Piquemal à la Revue Item.

Un passage aux cabinets ministériels

Le général Piquemal a également côtoyé le milieu politique. Il devient adjoint au chef de cabinet militaire de trois Premiers ministres socialistes entre 1989 et 1992 : Michel Rocard, Edith Cresson, puis Pierre Bérégovoy. « Mon parti c’est la France », assurera-t-il dans un entretien en 2010.

Un « patriote » proche de l’extrême droite

Sur son blog, le général se définit comme le président du « Cercle de citoyens-patriotes », et tient un discours proche de celui de l’extrême droite. Il s’indigne ainsi contre « une immigration massive de peuplement et de remplacement, des abandons de souveraineté, une islamisation rampante et progressive ». Dans une autre note, il écrit : « Préparons-nous physiquement et matériellement afin de défendre nos familles et nos biens, afin de survivre puis de combattre le moment venu les ennemis des valeurs de notre civilisation et de notre France millénaire. »

Depuis son arrestation, Christian Piquemal a reçu le soutien de nombreux cadres du Front national. Le général apportait lui aussi un soutien implicite au parti frontiste après les régionales. « Comment aussi juger que dans l’entre-deux-tours des régionales le parti vainqueur du premier tour ait vu s’abattre sur lui un torrent d’injures, de haine, de mensonges, d’ignominies déversé par la classe politique dirigeante depuis trente ans ».