Attentats de novembre: Réouverture du Casa Nostra sur fond de scandale

POLEMIQUE «Le Petit Journal» de Canal + est poursuivi pour avoir affirmé que le patron du restaurant avait vendu le disque dur de la vidéosurveillance le soir de l’attaque pour 50 000 euros au Daily Mail...

20 Minutes avec AFP
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Le restaurant Casa Nostra, l'une des cibles des attaques du 13 novembre 2015, a officiellement rouvert le 5 février 2016.
Le restaurant Casa Nostra, l'une des cibles des attaques du 13 novembre 2015, a officiellement rouvert le 5 février 2016. — AFP

C’est l’un des sites touchés par les attentats parisiens du 13 novembre, mais aussi celui d’une polémique. Le restaurant Casa Nostra a rouvert officiellement ce vendredi.

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Une dizaine de personnes étaient présentes vers 20 h dans ce restaurant de la rue de la Fontaine au roi, dans le 11e arrondissement de Paris, devant lequel un présentoir avec des dizaines de bougies a été installé. Dans les faits, le Casa Nostra avait déjà rouvert officieusement le 22 janvier.

« J’avais un restaurant qui marchait très bien. On était adorés. Maintenant, même les habitués passent devant sans s’arrêter », a regretté Dimitri Mohamadi, le propriétaire, qui explique avoir fait « huit couverts » jeudi contre 60 avant les attentats. Ce ralentissement de son activité l’a selon lui contraint à licencier quatre employés. La mairie de Paris avait bloqué fin novembre une subvention de 40 000 euros pour Casa nostra, qu’elle a délivré aux autres commerçants touchés par les attentats. « Ça m’a encore enfoncé. Même l’Etat pense ça de moi », a soupiré Dimitri Mohamadi.

La polémique « m’a vraiment blessé. Ça m’a démoralisé. Je suis sous antidépresseurs. Je n’apprécie plus la vie », a-t-il expliqué. Le patron affirme même avoir été « agressé deux fois » depuis lors.

Des médias, dont Le Petit Journal (LPJ) de Canal +, ont affirmé que Dimitri Mohamadi avait vendu le disque dur de la vidéosurveillance de son établissement le soir de l’attaque pour 50 000 euros au Daily Mail. Un journaliste indépendant présent au moment de la transaction, qu’il avait filmée en caméra cachée, a appuyé ces affirmations.

Dimitri Mohamadi a qualifié ces images de « montage ». Son avocat, Jeffrey Schinazi, a déploré des « propos diffamatoires » et une « exploitation abusive » de la vidéo en caméra cachée, qui fait selon lui passer son client pour « le salaud de service », le transformant en « pestiféré ». LPJ, son présentateur Yann Barthès et Bangoumi, la société de production, sont assignés pour diffamation devant le tribunal correctionnel.