VIDEO. Attentats de novembre: Comment Sonia a permis de localiser Abaaoud

TERRORISME Une amie de la cousine d’Abaaoud raconte à RMC que le cerveau présumé des attentats visait aussi un centre commercial, un commissariat et une crèche à La Défense…

F.P.

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Photo non datée d'Abdelhamid Abaaoud
Photo non datée d'Abdelhamid Abaaoud — DABIQ

Elle a décidé de raconter son histoire, trois mois après les attentats du 13 novembre à Saint-Denis et Paris. Au micro de RMC, Sonia (son prénom a été modifié) raconte comment elle a permis à la police française de localiser Abdelhamid Abaaoud, le cerveau présumé de cette vague d’attentats.

RMC assure que Sonia est une amie de longue date d’Hasna Ait Boulahcen, la cousine d’Abdelhamid Abaaoud. Les deux femmes étaient ensemble le 15 novembre lorsque la seconde reçoit un appel en provenance d’un numéro belge.

« Il ne ressemblait pas du tout à un terroriste »

A l’autre bout du fil, on lui demande expressément de trouver un véhicule et « d’aller chercher quelqu’un qui a besoin d’un hébergement ». Hasna Ait Boulahcen doit alors se rendre au 2 rue des Bergeries à Aubervilliers (Seine-Saint-Denis). Une zone industrielle en contrebas de l’autoroute A86, isolée.

Sonia accompagne Hasna dans la voiture. Sur place, après avoir envoyé un nom de code (« 1010 ») par sms, un homme sort de derrière un buisson, relate RMC. C’est Abdelhamid Abaaoud que Sonia croyait encore en Syrie. « Il avait un bob sur la tête, des baskets orange, un bombers, pour moi c’était un Roumain, confie en exclusivité à RMC la jeune femme. En plus, il avait le sourire, il ne ressemblait pas du tout à un terroriste. »

« Les terrasses, c’est moi »

Selon Sonia, Abaaoud était fier de lui. « Les terrasses, c’est moi », lui aurait-il dit. « Il raconte [les attentats] comme s’il racontait qu’il est parti faire les courses et qu’il avait trouvé un baril de lessive en promotion, témoigne la jeune femme. Il est content, voilà. » Abdelhamid Abaaoud lui affirme aussi qu’il n’est pas entré seul sur le territoire français. Il évoque 90 terroristes un peu partout en Île-de-France. Des Syriens, des Irakiens, des Français, des Allemands, des Anglais.

Il explique également que, le soir du 13 novembre, tout ne s’est pas déroulé comme il l’avait planifié. L’homme aurait eu d’autres projets d’attentats : un centre commercial, ainsi qu’un commissariat et une crèche à La Défense. Cette deuxième vague d’attentats était programmée pour le 18 novembre.

Sonia ne lui en laissera pas le temps. Elle compose le 197, le numéro d’urgence mis en place par le ministère de l’Intérieur au lendemain du 13 novembre et fournit des renseignements aux enquêteurs, rapporte RMC. Notamment l’adresse de la planque Abdelhamid Abaaoud, le 8 rue du Corbillon à Saint-Denis où le Raid lancera un assaut qui durera plusieurs heures.