Les célébrités en ont assez de se faire insulter sur Twitter mais elles ont bien du mal à s'en passer

RESEAU SOCIAL Un homme est jugé, ce jeudi à Paris, pour avoir menacé de mort Jean-Luc Romero...

Vincent Vantighem

— 

Illustration: Page d'accueil du réseau social Twitter.
Illustration: Page d'accueil du réseau social Twitter. — LOIC VENANCE / AFP

« J’aimerais t’euthanasier au 9mm ! » « On peut aussi rêver d’une lapidation en place publique en Iran… » Les paroles s’envolent. Les écrits peuvent rester. Même sur Twitter. Un homme doit être jugé, ce jeudi à Paris, pour avoir menacé de mort Jean-Luc Romero sur le réseau social à l’oiseau bleu.

>> Justice : Jugé pour avoir menacé de mort Romero sur Twitter

Militant de la cause homosexuelle et défenseur de l’euthanasie, le conseiller régional (apparenté PS) s’est habitué, au fil du temps, à essuyer critiques et insultes. Et c’est bien ça le problème. « En fait, ce sentiment d’impunité n’est plus possible, confie-t-il. Twitter ne peut pas rester une zone de non-droit. »

Le réseau de plus en plus sollicité par les autorités

Homophobie, racisme, injure gratuite. Les dérapages semblent avoir suivi, ces dernières années, la même courbe de croissance que le réseau social aux 6 à 7 millions d’utilisateurs actifs par mois (+56 % depuis 2013) « Certains pensent qu’on peut tout se permettre derrière l’anonymat d’un pseudonyme, dénonce Caroline Mécary, l’avocate de Jean-Luc Romero. Mais les règles de droit sont les mêmes sur Twitter ou dans la rue… »

>> Analyse : 140 signes qui peuvent avoir un caractère haineux

Alerté à plusieurs reprises, le réseau de microblogging a amélioré sa politique de lutte contre les messages déplacés. Saisies de plus en plus souvent par les autorités judiciaires, ses équipes ont fourni, durant le premier semestre 2015, des informations sur 238 comptes suspects, notamment ceux hébergeant des messages faisant l’apologie du terrorisme. Soit trois fois plus que sur les six mois précédents. Et selon nos informations, le prochain rapport devrait venir confirmer cette tendance. Rapport Transparency Twitter

Quand Onfray, Willem et Lââm voulaient fermer leurs comptes

Le problème, c’est qu’en quelques clics, un compte en remplace un autre. Jugé ce jeudi pour avoir proféré les insultes, le jeune homme accusé d’avoir menacé Jean-Luc Romero a été arrêté grâce à l’adresse IP de l’ordinateur personnel qu’il aurait utilisé à cette fin. « Depuis, j’ai déposé deux autres plaintes, poursuit Jean-Luc Romero. Mais celles-là n’ont pas abouti car les auteurs des faits agissaient depuis des cybercafés… »

Plainte déposée par Jean-Luc Romero qu’il a diffusée sur Twitter

Tout aussi publiques que Jean-Luc Romero, d’autres personnalités ont assuré avoir trouvé la solution miracle. Le chanteur Christophe Willem, le philosophe Michel Onfray ou encore l’artiste Lââm ont publiquement annoncé, fin 2015, leur décision de fermer leur compte Twitter pour faire cesser les insultes. Au final, aucun des trois n’a réellement mis sa menace à exécution.


« Twitter n’est pas le problème. C’est leur célébrité qui est à l’origine de leurs soucis, note un expert en communication. Ils ont bien compris que se passer de cet outil de promotion serait finalement une erreur… » D’autant que se plaindre de ses effets pervers est aussi souvent un moyen de faire parler de soi.