Des chauffeurs de taxis en grève manifestent Porte Maillot, le 27 janvier 2016 à Paris
Des chauffeurs de taxis en grève manifestent Porte Maillot, le 27 janvier 2016 à Paris — FLORIAN DAVID AFP

SALAIRES

Taxis vs VTC: Mais combien gagnent-ils vraiment?

« Le Figaro » a décortiqué les salaires des chauffeurs de taxi en grogne contre les VTC. Les disparités sont importantes suivant les statuts et l’ancienneté…

En colère contre les Véhicules de tourisme avec chauffeurs (VTC), les chauffeurs de taxi sont reçus ce mardi matin par le médiateur Laurent GranGuillaume, nommé mardi dernier par Manuel Valls. La profession déplore une forte baisse de leurs revenus. Dans son « scan éco », Le Figaro s’est justement demandé combien gagnent exactement les chauffeurs de taxi.

80 % d’artisans

Un vrai casse-tête qui nécessite d’abord de faire le point sur tous les statuts qui régissent la profession. Sur les 60.000 chauffeurs de taxi en France, 80 % sont artisans, 11 % sont locataires, 6 % sont des sociétaires de coopérative, et 3 % seulement sont salariés, précise Le Figaro.

Autrement dit, la quasi-totalité des taxis sont des « non-salariés ». A eux donc de se charger des démarches comptables et administratives qui s’imposent. Ils ne bénéficient pas non plus des avantages du salariat : le revenu minimum, les congés payés, les allocations-chômage…

En moyenne, un taxi indépendant gagnait 17.130 euros nets par an selon l’Insee en 2010, rapporte Le Figaro. Ce qui revient à 1.430 euros par mois. La médiane est bien plus basse puisqu’elle s’établit à 13.620 euros net par an. Soit 1.135 euros net. 50 % des taxis gagnent plus, 50 % gagnent moins.

D’importantes disparités suivant le statut et l’ancienneté

Mais ces chiffres, précise Le Figaro, cachent d’importantes disparités selon le statut, l’ancienneté et l’activité du chauffeur.

Il y a d’abord l’artisan. Il possède une licence de taxi (autorisation de stationnement) qu’il a reçue, dans le meilleur des cas, gratuitement de la mairie. Le délai d’attente peut dans ce cas précis atteindre neuf voire dix ans. Il peut sinon acheter sa licence à un autre chauffeur de taxi. Les prix peuvent alors varier de 40.000 à 300.000 euros selon le lieu d’achat, explique Le Figaro.

Au début de leur activité, les salaires sont très modestes. Mais au bout d’une dizaine d’années, lorsque les crédits pour acheter le véhicule et la licence arrivent à échéance, les salaires sont plus confortables et peuvent monter même à 3.000 ou 3.500 euros net par mois, évalue Le Figaro.

Le salarié, employé d’une société comme G7 ou Taxis Bleus, perçoit pour sa part un salaire fixe journalier et un pourcentage de sa recette qui tourne généralement autour de 30 %. En ville, le taxi salarié peut imaginer un salaire moyen autour de 1.600 à 1.700 euros par mois.

Le locataire, lui, exploite un véhicule appartenant à une société de taxi ayant une autorisation de stationnement. A Paris, cette location se chiffre à 150 euros par jour. Son salaire démarre au smic et se stabilise ensuite autour de 1.500 euros net par mois.

Et le VTC ?

Mais ces chiffres relèvent de l'ordre de grandeur, rappelle Le Figaro. Les revenus peuvent être gonflés par des horaires de nuit, les pourboires ou une spécialisation sur des niches, comme le transport de malades ou d’enfants. Les taxis ambulanciers gagnent environ 75.000 euros par an de résultat courant. Un montant auquel il faut enlever les charges. Autre fait à prendre en compte : le travail au noir qui n’est pas négligeable dans ce secteur d’activité.

Reste à savoir ce que gagne un chauffeur de VTC. S’il est salarié, ses revenus oscillent entre 1.800 et 2.000 euros, indique Le Figaro qui se réfère à la fiche métier du CIDJ. Mais ses revenus peuvent grimper à 3.000 euros net par mois s’il est autoentrepreneur.