Meurtre de Ghislaine Marchal: Omar Raddad compte sur l'ADN pour faire établir son innocence

JUSTICE Vingt-deux ans après sa condamnation, l’ancien jardinier compte sur de nouvelles expertises ADN pour être totalement blanchi du meurtre de Ghislaine Marchal...

Vincent Vantighem

— 

Mougins (Alpes-Maritimes), le 26 juin 1991. Omar Raddad monte dans une voiture de police après son arrestation pour le meurtre de Ghislaine Marchal.
Mougins (Alpes-Maritimes), le 26 juin 1991. Omar Raddad monte dans une voiture de police après son arrestation pour le meurtre de Ghislaine Marchal. — GERARD JULIEN / AFP

Les jours se suivent et se ressemblent pour Omar Raddad. Mais ce mardi sera sans doute plus dur que les autres. L’ancien jardinier se souviendra forcément qu’il y a 22 ans tout juste, il était condamné à dix-huit ans de prison pour le meurtre de Ghislaine Marchal, commis à Mougins (Alpes-Maritimes), le 23 juin 1991.

>> A lire aussi : Affaire Raddad : De nouvelles traces ADN exploitables découvertes

« Omar m’a tuer. » Sur la porte de la cave à vin, la riche héritière avait écrit, en lettres de sang, une épitaphe qui ne laissait guère place au doute. C’est pourtant cette même porte qui pourrait, aujourd’hui, innocenter le jardinier qui n’a cessé de clamer son innocence.

Extrait du film Omar m’a tuer de Roschdy Zem, sorti en 2011.

Car, gracié partiellement par Jacques Chirac en 1996, Omar Raddad n’en demeure pas moins toujours coupable aux yeux de la justice. Son avocate, Sylvie Noachovitch, a donc réclamé de nouvelles expertises ADN, en partie sur cette fameuse porte, afin d’obtenir la révision du procès.

« Cela ne peut pas être un inconnu »

« Ces nouvelles expertises ont mis en évidence plusieurs ADN masculins qui ne correspondent pas à celui d’Omar Raddad, confie à 20 Minutes, Jean-Michel Prêtre, procureur de la République de Nice, en charge du dossier. Nous sommes donc en train d’effectuer des comparaisons pour savoir à qui ils appartiennent. Les résultats seront connus dans les prochaines semaines. »

>>A lire aussi : Kulik, Raddad, Grégory : L’ADN au secours des Cold Case

Au total, deux portes et un chevron ont été analysés à l’aide de nouvelles techniques sur la recherche d’ADN. En parallèle, la justice a contacté ou rappelé différents protagonistes de l’affaire afin de prélever leurs empreintes et de pouvoir effectuer des comparaisons. « Cela ne peut pas être un inconnu, assure Sylvie Noachovitch. C’est forcément quelqu’un qui est impliqué d’une manière ou l’autre dans l’enquête… »

Un « serpent de mer » pour Georges Kiejman

Le procureur de Nice reste, quant à lui, prudent. « Les pièces à conviction ont été manipulées de nombreuses fois depuis les faits en 1991. Ne serait-ce que par les enquêteurs… Il faut donc patienter avant de savoir si ces expertises amènent quelque chose de nouveau. »

>> A lire aussi : Pourquoi il faut rester prudent avec les analyses ADN ?

Georges Kiejman n’y croit pas. Avocat des proches de Ghislaine Marchal, il déplore, auprès de 20 Minutes, que « de nouvelles pièces surgissent périodiquement [dans cette affaire] comme un serpent de mer. Elles n’ajoutent rien au débat et sont dénuées de toute pertinence. »

Sauf pour Omar Raddad qui, selon son avocate, souffre toujours autant de la situation. « Il est dépressif. Il n’a pas de travail. Ces nouveaux éléments l’ont reboosté. Mais il attend fébrilement les résultats des analyses. Pour lui, chaque jour compte vraiment. »


Omar m’a tuer : Des traces ADN innocenteront… par 20Minutes