Grâce de Jacqueline Sauvage: Hollande va prendre « le temps de la réflexion »

JUSTICE Jacqueline Sauvage a été condamnée à dix ans de réclusion pour le meurtre de son mari violent...

N.Beu. avec AFP
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François Hollande à l'Elysée le 28 novembre 2015.
François Hollande à l'Elysée le 28 novembre 2015. — NIVIERE/SIPA

Faut-il gracier Jacqueline Sauvage ? François Hollande, qui a reçu vendredi les filles et avocates de cette femme condamnée à dix ans de réclusion pour le meurtre de son mari violent, n’a pas tranché, se donnant « le temps de la réflexion » avant de prendre sa décision, a indiqué son entourage.

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Sylvie, Carole et Fabienne Marot, qui réclament une grâce présidentielle pour leur mère, âgée de 68 ans, ont rencontré le chef de l’Etat vendredi après-midi, pendant une heure, avec les avocates de JacquelineSauvage, maîtres Nathalie Tomasini et Janine Bonaggiunta. Ces dernières avaient émis « l’espoir qu’il s’agisse d’un premier pas vers la grâce présidentielle », dans un communiqué à l’AFP avant la rencontre. A l’issue de l’entretien, l’entourage de Hollande a indiqué que celui-ci se donnerait « le temps de la réflexion avant de prendre sa décision ».

Près de 50 ans d’enfer conjugal

L’article 17 de la Constitution autorise le président de la République à exercer le droit de grâce (uniquement à titre individuel depuis 2008). Tout en soulignant que le président avait « bien entendu la mobilisation », en faveur de Jacqueline Sauvage, l’entourage de Hollande avait rappelé récemment qu’il n’était par principe pas favorable à la grâce présidentielle. Il ne l’a d’ailleurs exercée qu’une fois en permettant la libération conditionnelle, en janvier 2014, du plus ancien détenu de France, Philippe El Shennawy, sans éteindre sa peine.

Le 3 décembre, la cour d’assises du Loir-et-Cher a confirmé en appel la condamnation à 10 ans de réclusion de la mère de famille, reconnue coupable d’avoir tué son mari de trois coups de fusil dans le dos en 2012, après 47 ans d’enfer conjugal. Le cas de Jacqueline Sauvage suscite une mobilisation croissante. Un comité de soutien s’est constitué, réunissant notamment la maire PS de Paris, Anne Hidalgo, l’écologiste Daniel Cohn-Bendit et le porte-voix du Parti de gauche, Jean-Luc Mélenchon.

Une mobilisation d’envergure

Ses signataires soulignent que la sexagénaire a été « victime ainsi que ses enfants de viols répétés et d’extrêmes violences conjugales depuis 47 ans » et soulignent « les responsabilités de notre société qui n’a pas apporté à ces victimes la protection qu’elle leur doit ». Le Parti radical de gauche a appelé vendredi Hollande « à dépasser sa frilosité républicaine concernant cette prérogative présidentielle et accorder la grâce à Jacqueline Sauvage » car « il s’agit d’une réponse humaine à une situation inhumaine ».

La détenue a également reçu la visite des députées Les Républicains Nathalie Kosciusko-Morizet et Valérie Boyer. Le président de l’UDI, Jean-Christophe Lagarde, a écrit à François Hollande pour lui demander d’exercer son droit de grâce, que réclame également la nouvelle présidente (LR) de l’Ile-de-France, Valérie Pécresse.