Fin de vie: Décision de justice le 10 mars autour de la mise sous tutelle de Vincent Lambert

JUSTICE La famille du patient en état végétatif se déchire toujours sur la question de la fin de vie…

V.V.

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Le CHU de Reims, où se trouve Vincent Lambert, le 27 juin 2015.
Le CHU de Reims, où se trouve Vincent Lambert, le 27 juin 2015. — AFP

Huit ans que cela dure et l’histoire de Vincent Lambert continue de s’écrire dans les tribunaux. Ce lundi, c’est devant une juge des tutelles du tribunal de Reims (Marne) que la famille du patient en état végétatif depuis un accident de la route a rédigé le dernier chapitre. Autour d’une simple question : faut-il placer le malade sous la tutelle d’une personne indépendante ? Après avoir entendu les deux camps et le procureur favorable à cette solution, la juge des tutelles a annoncé qu'elle rendrait sa décision le 10 mars. 

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Le 23 juillet 2015, alors qu’elle devait se prononcer sur un possible arrêt des traitements, le docteur Daniela Simon, chargée de soigner Vincent Lambert, avait surpris tout le monde en annonçant son intention de saisir la justice pour obtenir la « mise sous protection juridique » de son patient le plus célèbre. « Elle justifie sa décision par le contexte familial difficile que tout le monde connaît », confiait alors à 20 Minutes, François Belargent, le procureur de Reims.

Les parents veulent toujours le faire transférer

Le but de l’équipe médicale est simple. En désignant un interlocuteur indépendant sur cette affaire, la justice lui éviterait d’être tiraillée entre les parents du patient qui se battent pour le maintenir en vie et son épouse et certains de ses proches qui souhaitent le « laisser partir », alors que ses lésions cérébrales ont été jugées « de nature irréversibles », par un rapport médical.

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La juge des tutelles désignée va donc entendre, ce lundi, les deux camps avant de rendre sa décision. Et sans surprise, ils ne sont pas d’accord. « Je suis contre cette mise sous tutelle, confie à 20 Minutes, François Lambert, son neveu. Ce n’est qu’une stratégie pour retarder encore l’arrêt des soins. »

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Viviane et Pierre Lambert, les parents du patient, y sont, quant à eux, favorables. Ils estiment que ce tuteur leur permettrait, enfin, d’obtenir le transfert de leur fils dans un centre adapté où il serait « mieux soigné » qu’il ne l’est aujourd’hui.

Le tuteur n’a pas voix au chapitre sur l’arrêt des soins

S’il venait à être désigné par la justice, le tuteur ne prendrait, en tout état de cause, pas part au débat sur l’opportunité d’arrêter ou non l’hydratation et l’alimentation, seuls traitements qui relient aujourd’hui Vincent Lambert à la vie. Représentant légal du patient, il aurait, en revanche, à gérer toutes ses questions administratives et patrimoniales et surtout à garantir le respect de sa dignité. A ce propos, c’est lui qui gérerait l’image du malade. Ce sujet avait créé une vive polémique en juin 2015 après la diffusion d’une vidéo montrant Vincent Lambert sur son lit d’hôpital.

En juin 2015, la Cour européenne des droits de l’homme a estimé que l’arrêt du Conseil d’Etat validant l’arrêt des soins ne violait pas la convention européenne des droits de l’homme. Une décision qui n’a fait qu’envenimer les choses dans la famille. Au sixième étage de l’hôpital Sébastopol, Vincent Lambert est toujours soigné dans une chambre sécurisée 24 heures sur 24. Et seuls les proches inscrits sur une petite liste ont le droit de lui rendre visite.