Karim Achoui revient à la barre en France grâce à Jean-Luc Lahaye

JUSTICE L'avocat, qui a notamment défendu des figures du grand banditisme, avait pourtant été radié de l'ordre en France...

N.Beu. avec AFP

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Karim Achoui à Paris le 17 septembre 2013.
Karim Achoui à Paris le 17 septembre 2013. — MEUNIER AURELIEN/SIPA

Radié de l’ordre en France, mais inscrit au barreau d’Alger, l’avocat controversé Karim Achoui a été autorisé jeudi à plaider dans une affaire opposant deux célébrités des années 1980, en vertu des accords d’Evian.

Le tribunal correctionnel de Paris a dit jeudi n’avoir « aucune objection » à ce que Achoui représente le chanteur Jean-Luc Lahaye, dans une affaire d’injure et diffamation l’opposant à Julie Pietri. La défense de la chanteuse avait tenté de s’opposer à l’intervention de l’avocat, radié du barreau de Paris en 2010 en raison de « manquements déontologiques ».

Achoui et Ferrara

Connu pour avoir défendu des figures du grand banditisme, Achoui a vu son nom apparaître dans de nombreuses affaires, dont l’évasion en 2003 d’Antonio Ferrara. Soupçonné dans ce dossier de complicité d’évasion, il a été condamné en première instance à sept ans de prison, avant d’être acquitté en 2010.

Jeudi le procureur, tout en parlant d’une situation « désagréable », a rappelé que les accords de 1962 qui ont mis fin à la guerre d’Algérie permettaient à des avocats inscrits en Algérie, ce qui est le cas de Karim Achoui, de plaider de manière « ponctuelle » en France.

« Julie Pietri ? Non merci »

Avant lui, une représentante du bâtonnier de Paris, donc de l’ordre des avocats en France, avait opposé le « droit », favorable à Achoui, et le « principe ». « Peut-on contourner cette interdiction (en France) par le truchement d’un barreau étranger ? » avait-elle demandé, en s’opposant à l’intervention de l’avocat de nationalité franco-algérienne.

Achoui s’est défendu d’une voix tonnante, et de manière très politique, en reprochant à ses anciens confrères français de pratiquer « la déchéance de nationalité ». « Contrairement à notre ancienne garde des Sceaux, je ne conçois pas que résister, c’est partir », a-t-il lancé, faisant référence à un message diffusé la veille par la ministre de la Justice démissionnaire Christiane Taubira.

Jean-Luc Lahaye doit s’expliquer pour avoir dit à la radio en mai 2015, peu après avoir été condamné pour corruption de mineure, et en référence à son goût pour les très jeunes filles : « Que je me tape Julie Pietri ? Non merci. » L’interprète d’« Eve lève-toi », âgée de 60 ans, avait alors porté plainte, pour injure et diffamation.