Les agriculteurs de l'Ouest veulent poursuivre leur mobilisation

MANIFESTATIONS Plusieurs responsables agricoles ont averti que leur mouvement pour «crier leur détresse», concrétisé par des barrages routiers, allait continuer ce jeudi...

20 Minutes avec AFP
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Le mouvement des agriculteurs ce mecredi
Le mouvement des agriculteurs ce mecredi — SIPA PRESS

Le « mercredi noir » promis par les agriculteurs du grand ouest, qui s’est traduit par près de quarante points de blocage sur les grands axes routiers, devrait se poursuivre ce jeudi, de nombreux manifestants ayant décidé de maintenir pour toute la nuit leur mobilisation, tandis que de nouvelles actions sont annoncées.

Incidents sporadiques 

Routes et ronds-points bloqués par des tracteurs et des remorques, pneus et bottes de paille enflammés, gravats et détritus sur la chaussée : dans tous les départements des régions Bretagne, Normandie et Pays de la Loire les agriculteurs ont exprimé leur colère et exigé des mesures pour faire face à la crise que traversent leurs exploitations.

Et les mêmes scènes devraient se répéter jeudi, plusieurs responsables agricoles ayant déjà averti que ce mouvement des agriculteurs pour « crier leur détresse » allait continuer.

Des incidents sporadiques ont opposé quelque 150 agriculteurs aux forces de l’ordre, dans la nuit de mercredi à jeudi aux abords de la préfecture de Quimper, à l’issue d’une importante journée de mobilisation des agriculteurs, a constaté un photographe de l’AFP.

Les manifestants, jeunes pour la plupart, ont allumé des feux à l’aide de bottes de paille et de poubelles, et lancé des fusées détonantes en direction des forces de l’ordre. Vers 0 h 15, le calme semblait revenu et les agriculteurs quittaient le centre-ville, a-t-on constaté de même source.

Barrages maintenus

Par ailleurs, plusieurs des barrages installés tout au long de la journée de mercredi sur les grands axes routiers de la région étaient toujours en place pour la nuit. Dans le Morbihan, la préfecture faisait état de quatre points de blocage à Arzal, sur la RN 165, à Ploërmel (RN 24) à Plouay et Cléguer.

En Ille-et-Vilaine, selon la préfecture, trois barrages routiers restaient également en place à Saint-Étienne en Coglès sur l’A 84, à Etrelles (RN 157) et Bréal-sous-Montfort (RN 24). La RN 12 restait coupée en deux points dans les Côtes-d’Armor. A Laval, la RN 162 en direction de Tours était bloquée par une centaine d’agriculteurs interdisant toute circulation.

« On veut une stratégie pour nos filières »

S’ils ont réussi leur démonstration de force, à l’occasion de cette journée de mobilisation, la plus forte enregistrée depuis le début de la crise entamée il y a près d’un an, les agriculteursn’entendent pas en rester là. Signe de leur détermination, la table ronde prévue jeudi à la préfecture de la région Bretagne à Rennes se fera sans la FRSEA, le syndicat majoritaire.

« Nous avons pris la décision de ne pas aller à la réunion car, aujourd’hui, on veut une stratégie pour nos filières. La mobilisation très forte va continuer, il nous faut des réponses et une visibilité », a déclaré Thierry Coué, président de la FRSEA bretonne.

Particulièrement ciblé par les manifestants sur des banderoles où on pouvait lire par exemple « Le Foll, que fais-tu ? », le ministre de l’Agriculture Stéphane Le Foll n’a pas calmé la colère avec son annonce mardi d’une rallonge budgétaire de 125 millions d’euros aux 700 déjà accordés cet été dans le cadre d’un plan de soutien à l’élevage bovin, porcin et laitier.

Face aux cours très bas qui assèchent leurs trésoreries et menacent dans certains cas leurs exploitations, les producteurs réclament des mesures plus structurelles, comme l’étiquetage de la provenance de la viande, notamment pour les produits transformés, et l’arrêt des distorsions de concurrence à l’échelle européenne.