Grâce présidentielle: Qui sont les soutiens de Jacqueline Sauvage?

JUSTICE Condamnée à dix ans de prison pour le meurtre de son mari violent, elle fait l’objet d’une campagne pour que lui soit accordée la grâce présidentielle...

N.Beu.

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Plusieurs centaines de personnes se sont rassemblées à Paris, le 23 janvier 2016, pour défendre Jacqueline Sauvage.
Plusieurs centaines de personnes se sont rassemblées à Paris, le 23 janvier 2016, pour défendre Jacqueline Sauvage. — SEVGI/SIPA

François Hollande a « bien entendu » l’appel des défenseurs de Jacqueline Sauvage. Condamnée à dix ans de prison pour le meurtre de son mari violent, cette femme de 66 ans fait l’objet, depuis plusieurs semaines, d’une campagne pour que lui soit accordée la grâce présidentielle. Un comité de soutien a notamment vu le jour lundi, tandis qu’entre 100 et 200 personnes ont manifesté samedi à Paris. Mais qui sont les individus et les groupes mobilisés derrière celle qui est érigée comme un symbole de la lutte pour les droits des femmes ? 20 Minutes fait le point.

Les filles de Jacqueline Sauvage

Fin 2015, Sylvie, Carole et Fabienne ont déposé une demande de grâce présidentielle pour que la peine de leur mère soit supprimée, au titre de l’article 17 de la Constitution. Victimes de coups et d’abus sexuels de leur père, tué par leur mère au lendemain du suicide de leur frère en 2012, les trois femmes ont écrit à François Hollande. « Monsieur le Président, notre mère a souffert tout au long de sa vie de couple, victime de l’emprise de notre père, homme violent, tyrannique, pervers et incestueux », lui ont-elles notamment dit.

Les associations féministes

Dès le lendemain du verdict, l’association Osez le féminisme a dénoncé un « déni de justice », appelant « à l’élargissement de la présomption de légitime défense aux femmes victimes de violences ». Vendredi, des militantes des Femen ont, elles, manifesté seins nus vendredi devant la prison de Saran (Loiret), où se trouve Jacqueline Sauvage. De même, le Collectif national pour les droits des femmes s’est exprimé par la voix de Suzie Rojtman, son porte-parole : « Elle était frappée sans cesse, elle était violée, les gamins étaient violés, elle n’a pas réussi à porter plainte parce qu’elle n’était pas aidée. »

Des personnalités politiques

Mardi, la présidente du Conseil régional d’Ile-de-France, Valérie Pécresse (Les Républicains), s’est émue dans un tweet des « abominables sévices » subis par la condamnée, emboîtant le pas au président de l’UDI, Jean-Christophe Lagarde, auteur d’une lettre dans laquelle il sollicite « l’intervention » de François Hollande « pour rétablir la justice ».


La maire PS de Paris Anne Hidalgo, l’ex-eurodéputé et leader écologiste Daniel Cohn-Bendit, le dirigeant du Front de gauche Jean-Luc Mélenchon, ont de leur côté rejoint le comité de soutien réclamant également la « libération immédiate » de Jacqueline Sauvage. Ce mardi, les députées LR Nathalie Kosciusko-Morizet et Valérie Boyer ont enfin rendu visite à Jacqueline Sauvage à Saran. « Nous sommes venues témoigner notre indéfectible soutien à Mme Sauvage et nous demandons au président François Hollande de s’exprimer sur la demande de grâce », a expliqué à l’AFP Kosciusko-Morizet. « Nous attendons que le chef de l’Etat dise qu’il a au moins reçu le courrier de plus de 50 parlementaires appuyant cette demande de grâce », a ajouté Valérie Boyer.

Des personnalités du monde du spectacle et des médias

Outre l’actrice Eva Darlan, à l’initiative de la création du comité de soutien, son homologue Anny Duperey et la productrice Fabienne Servan-Schreiber se sont engagées pour Jacqueline Sauvage. « Certes elle a tué », a notamment expliqué Anny Duperey. « Il ne s’agit pas d'[obtenir] un acquittement, il s’agit, au regard de ce qu’elle a souffert, d’en prendre compte et de se dire que c’est complètement injuste de l’enfermer dix ans en plus après tout ça. » Ce mardi soir, Eva Darlan a par ailleurs annoncé de nouveaux ralliements.

Des anonymes

Une pétition lancée sur le site Change.org a, elle, déjà récolté près de 360.000 signatures ce mardi soir. Selon l’une des deux avocates de Jacqueline Sauvage, la mobilisation de l’opinion pourra « aider » à fléchir les juges en faveur de sa cliente, espère l’avocate, sans quoi « Jacqueline Sauvage ne pourrait pas sortir de prison avant juin 2018 ».