VIDEO. Violences à Moirans: Quinze interpellations après l'opération de gendarmerie

ENQUETE Au total, 20 suspects étaient recherchés par les forces de l'ordre...

B.D.

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A Moirans après l'émeute du 20 octobre 2015.
A Moirans après l'émeute du 20 octobre 2015. — Laurent Cipriani/AP/SIPA

Le gouvernement avait affirmé qu’il refuserait toute complaisance, et le montre près de trois mois plus tard. Une vaste opération de gendarmerie a eu lieu ce lundi matin à Moirans, notamment dans un camp de gens du voyage en contrebas de la gare de la commune de 8 000 habitants située à une vingtaine de kilomètres de Grenoble, où des violences avaient été commises en octobre, rapporte iTélé.

Quinze personnes ont été interpellées, a-t-on appris de source proche de l’enquête. Une partie des personnes interpellées ne fait pas partie de la communauté des gens du voyage. Au total, 20 suspects étaient recherchés par les forces de l’ordre.

Cette opération se déroule dans le cadre d’une information judiciaire contre X ouverte le 12 novembre par le parquet de Grenoble. Les auditions commenceront « dès que possible », a indiqué à l’AFP le procureur de Grenoble Jean-Yves Coquillat. Les principaux suspects ont été arrêtés, a-t-il ajouté. « Les perquisitions ont permis de saisir certains objets intéressant l’enquête », a-t-il poursuivi.

Emeutes et mutinerie

Le 20 octobre dernier, une centaine de personnes, la plupart appartenant à la communauté des gens du voyage, avait exigé par la force la libération de deux personnes incarcérées à la prison d’Aiton, pour qu’elles puissent assister à l’enterrement de l’un de leurs proches, mort dans l’accident d’une voiture volée après un cambriolage.

Les violences n’avaient fait aucun blessé, mais 35 voitures avaient été incendiées, la circulation de 125 trains bloquée, et la gare et un restaurant avaient été mis à sac. A la prison d’Aiton, des détenus avaient également pris part à une mutinerie pour faire libérer un compagnon de cellule pour le même motif. Ces violences avaient eu un fort retentissement, le gouvernement étant accusé de laxisme face à ces incidents.

Les violences de Moirans avaient eu un fort retentissement, le gouvernement étant accusé de laxisme après une série d’incidents du même ordre. Le Premier ministre, Manuel Valls, s’est félicité que la justice et l’Etat soient « au rendez-vous ». Après les violences, Manuel Valls avait affirmé le 6 novembre que leurs auteurs ne bénéficieraient d'« aucune impunité ».

Ce lundi matin, le quartier est entièrement bouclé par plusieurs escadrons de gendarmes mobiles et de gendarmes du groupement de l’Isère. Selon BFM TV, plus de 300 gendarmes sont mobilisés depuis l’aube. L’ambiance était calme aux abords de la ville vers 8h, et aucun signe de tension n’était apparent. Cette intervention se déroule dans le cadre d’une information judiciaire contre X ouverte le 12 novembre par le parquet de Grenoble.

Le procureur Coquillat avait indiqué à l’époque qu’une partie des suspects avait été identifiée et qu’il s’agissait désormais « de déterminer qui a fait quoi ». Selon le magistrat, plusieurs émeutiers avaient pu être « photographiés ou vus avant qu’ils ne soient cagoulés », ce qui a d’autant plus facilité l’enquête que « certains étaient déjà fichés ». Les gendarmes ont exploité également des éléments d’ADN, parmi d’autres moyens d’investigation.