Attentats de Paris: Deux djihadistes proches d'un kamikaze du Bataclan condamnés en leur absence

JUSTICE Les deux amis d'enfance de Samy Amimour étaient partis en Syrie avec lui...

M.C. avec AFP

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Charaffe El Mouadan
Charaffe El Mouadan — Kun TIAN, Thomas SAINT-CRICQ AFP

L'un aurait été tué en Syrie fin décembre, l'autre y combattrait toujours au côté des djihadistes. Deux proches de Samy Amimour, un des kamikazes morts lors de la tuerie du Bataclan en novembre, ont été condamnés en leur absence vendredi à Paris à 5 et 3 ans de prison, pour association de malfaiteurs en vue de préparer des actes de terrorisme.

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Charaffe El Mouadan et Samir Bouabout sont des amis d'enfance du kamikaze du Bataclan, originaires du même quartier de Drancy (Seine-Saint-Denis).Tous trois, soupçonnés de vouloir quitter la France pour aller faire le djihad, avaient été arrêtés en octobre 2012, mais laissés libres sous contrôle judiciaire. Ils étaient partis en Syrie moins d'un an plus tard.

«Une pensée particulière pour les victimes du Bataclan»

Selon l'armée américaine, Charaffe El Mouadan alias Aba Soulaymane, Franco-Marocain de 26 ans, membre du groupe djihadiste Etat islamique (EI) a été tué le 24 décembre 2015 dans une frappe en Syrie, mais la preuve formelle de sa mort n'a pas été apportée, a relevé le procureur, Benjamin Chambre, qui évoque la possibilité d'un «subterfuge», avec des «exemples récents de personnes que nous pensions mortes et qui ne l'étaient pas». Le procureur avait requis sept ans contre Charaffe El Mouadan et six ans contre Samir Bouabout, Franco-Algérien de 28 ans.

La présidente a constaté l'extinction de l'action publique contre Samy Amimour, «le tribunal ayant une pensée particulière pour les victimes du Bataclan». Charaffe El Mouadan et Samir Bouabout, quant à eux, n'étaient pas représentés : le tribunal a reçu des courriers de leurs avocats indiquant qu'ils n'ont pas eu de nouvelles de leurs clients depuis plus de deux ans et qu'ils n'ont pas de pouvoir pour les représenter.

Les deux hommes se sont radicalisés progressivement mais très rapidement entre 2011 et 2012. Au cours de l'enquête, El Mouadan était apparu comme le meneur du groupe : c'est lui qui avait entraîné ses amis dans un stand de tir et qui leur avait conseillé des lectures sur le djihad. Lors de leur départ en violation de leur contrôle judiciaire, Amimour et Bouabout étaient accompagnés d'Omar Mostefaï, un autre futur kamikaze du Bataclan.