Antisémitisme: Sciences-Po exclut définitivement une élève pour la première fois

SANCTION L'étudiante, en troisième année, avait tenu des propos antisémites sur Facebook, ce qui est «contraire aux valeurs et aux missions de Sciences-Po»...

20 Minutes avec AFP

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Illustration: sciences po Paris.
Illustration: sciences po Paris. — Jacques Brinon/AP/SIPA

C'est une première dans l'histoire de l'établissement prestigieux. Une étudiante koweitienne a été exclue définitivement de Sciences-Po pour avoir tenu sur Facebook des propos violemment antisémites. L'étudiante, en troisième année, a été sanctionnée d'une exclusion définitive, a indiqué ce mardi l'établissement, confirmant une information de Rue89.

C'est la première fois que la section disciplinaire prononce une exclusion définitive dans l'histoire de l'Institut d'études politiques de Paris, a précisé l'école. La décision, prise le 16 décembre, a été affichée dans le hall du bâtiment de la rue Saint-Guillaume, conformément au code de l'éducation de Sciences-Po, sans que le nom de l'étudiante ne soit communiqué.

«Vous n'êtes à votre place nulle part dans ce monde»

«Les propos (de la jeune femme) sont contraires aux valeurs et aux missions de Sciences-Po», a souligné l'école. Dans le cadre de ses études, la jeune femme effectuait un stage l'automne dernier aux services culturels de l'ambassade de France aux Etats-Unis. Elle avait alors été épinglée par un collectif, The Inglourious Basterds, militants juifs contre l'antisémitisme très actifs sur les réseaux sociaux, pour des propos tenus sur sa page Facebook.

«Vous les juifs (...), vous n'êtes à votre place nulle part dans ce monde - c'est pour ça (...) que vous êtes l'objet de discrimination où que vous soyez», avait-elle écrit lors d'un échange sur Facebook, selon les Inglourious Basterds. Son interlocuteur l'ayant taxée de racisme, elle avait répondu: «Je ne suis pas une immigrée venue de France. Je viens du Koweït et mon pays peut vous acheter, vous et vos parents, et vous mettre dans des fours.»

Convoquée par son responsable à l'ambassade, la stagiaire avait confirmé ses propos, mais démenti être à l'origine du passage sur les «fours». Il avait été mis fin à son stage et Sciences-Po avait décidé de suspendre sa scolarité à titre conservatoire, en attente de la décision de la section disciplinaire.