Vaccination: Marisol Touraine lance une grande consultation nationale

SANTE D'ici à la fin de l'année, le ministère de la Santé devrait faire évoluer la politique en la matière...

M.P. avec AFP

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La ministre de la Santé Marisol Touraine  le 22 décembre 2015 à Paris
La ministre de la Santé Marisol Touraine le 22 décembre 2015 à Paris — PATRICK KOVARIK AFP

Une grande consultation avant des mesures beaucoup plus concrètes. Dans le domaine de la vaccination, sujet devenu hautement sensible ces dernières années, Marisol Touraine a choisi la pédagogie. La ministre de la Santéa annoncé mardi une « grande concertation citoyenne sur la vaccination » pour l’année 2016 qui pourrait déboucher sur une évolution de la politique vaccinale française, notamment sur les vaccins obligatoires.

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On ne peut plus « balayer d’un revers de main » les préoccupations des Français, a souligné la ministre lors d’une conférence de presse.

Depuis plusieurs années, un mouvement de défiance vis-à-vis de la vaccination s’est en effet développé en France, a-t-elle relevé en présentant son plan d’action « pour une rénovation de la politique vaccinale », basé sur les recommandations du rapport de Sandrine Hurel, ancienne députée.

Des « signes préoccupants

La coexistence historique de vaccins obligatoires et recommandés est mal comprise et alimente les doutes des Français, ainsi que les pénuries de vaccins.

Cette concertation citoyenne sera menée par le Pr Alain Fischer, professeur d’immunologie pédiatrique, et vise à « écouter » et « comprendre les réticences » de certains parents. L’objectif sera de formuler, « dès décembre 2016 », des propositions sur l’évolution de la politique vaccinale et notamment le maintien ou non des vaccins obligatoires.

Malgré une situation globale satisfaisante en matière de vaccination, il y a des « signes préoccupants », a relevé la ministre, évoquant notamment les « inquiétudes » des professionnels de santé « face à la baisse de la vaccination chez les nourrissons et à la résurgence régulière de cas de rougeole ».

« Se vacciner, c’est aussi un devoir collectif »

Le plan d’action prévoit aussi de lutter contre les problèmes d’approvisionnement en obligeant les laboratoires qui produisent les vaccins inscrits au calendrier vaccinal à mettre en place des plans de gestion des pénuries, notamment en constituant des stocks réservés à la France. Des obligations assorties de sanctions en cas de non-respect.

« Se vacciner, c’est un droit individuel, mais c’est aussi un devoir collectif. Se vacciner, c’est se protéger, mais c’est aussi protéger les autres et en particulier les plus fragiles », a souligné la ministre.

La concertation citoyenne sera organisée en trois temps. Dès mars, une plateforme web recueillera les contributions du public, des professionnels, associations et institutions.