Les proches de l'homme tué à la Goutte d'or ne croient pas à la piste terroriste

BARBES La mère et le père de Tarek Belgacem se sont exprimés dans les médias tunisiens...

Julien Sofianos

— 

Des policiers en faction devant le commissariat de la goutte d'Or
Des policiers en faction devant le commissariat de la goutte d'Or — LNP/Shutterstock/SIPA

Les proches de l'homme tué devant le commissariat de la Goutte d'or à Paris ne croient à la piste terroriste. Des Tunisiens se présentant comme des familiers de l'attaque de jeudi contre un commissariat de Paris ont rejeté samedi auprès de médias tout lien entre cet homme et des groupes extrémistes et exprimé leur colère envers les autorités françaises.

«Pourquoi ont-ils tué mon fils? Il est allé (au commissariat) pour son passeport. Mon fils n'a rien (fait), c'est moi qui lui ai dit de rentrer. Je lui ai dit +je vais être opérée à la main et je veux te voir», a réagi une femme, présentée comme la mère, dans une vidéo diffusée par la radio privée Sabra FM.

Pas membre d'une «organisation extrêmiste»

«Il m'a demandé de lui envoyer des extraits de naissance, il était alors en Allemagne», a-t-elle ajouté, avant de laisser éclater sa colère. «Ils l'ont suspecté parce qu'il avait un sac banane pour mettre son téléphone? C'est pour ça qu'ils ont tué mon fils! La France a tué mon fils, je veux les droits de mon fils et rien d'autre»!, a-t-elle clamé, effondrée.

Interrogé à son tour à propos de son fils «Tarek», le père de famille, dont l'identité n'est pas déclinée, a également assuré qu'il «n'appartenait à aucune» organisation extrémiste. «Il y a 3/4 jours, il nous a appelés pour nous demander de lui envoyer des extraits de naissance», a-t-il dit.

L'homme voulait séjourner en France

Première radio privée du pays, Mosaïque FM a de son côté diffusé sur son site des propos d'un Tunisien, Djamel Ben Abbas, qui se présente comme un proche de l'homme tué à Paris. «Le jeune s'appelle Tarek Belgacem, 25 ans. Il se trouvait en Allemagne puis est entré en France (...). Il cherchait à faire ses papiers pour y séjourner légalement», a-t-il déclaré.

En France, le nom de Tarek Belgacem a été avancé vendredi par des sources proches de l'enquête. L'homme, qui a été abattu par la police alors qu'il tentait d'attaquer un commissariat, a été reconnu par ses proches et un texte de revendication a été retrouvé sur lui «Je suis Abou Jihad Tounsi, Tarek Belgacem», a indiqué l'une de ces sources. «Plusieurs personnes de l'entourage de Tarek Belgacem, se présentant comme son cousin et ses parents, ont reconnu sa photo», a ajouté une autre. «Il y a donc une très forte probabilité» que ce soit lui.