VIDEO. Attaque à Barbès: Il n'est «pas du tout certain» que l'identité déclarée par l'assaillant «soit réelle»

ENQUETE Les empreintes de l'homme correspondent à celles d'un Marocain arrêté en 2013 dans le Var pour une affaire de vol, mais pas au nom retrouvé sur un document qu'il portait sur lui...

M.P.
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Circulation interrompue Boulevard Barbès le 7 janvier 2016 à Paris
Circulation interrompue Boulevard Barbès le 7 janvier 2016 à Paris — LIONEL BONAVENTURE AFP

Les doutes sur l’identité de l’assaillant abattu par des policiers alors qu’il les menaçait jeudi, un an après la tuerie de Charlie Hebdo, se confirment. Il n’est « pas du tout certain » que l’identité que l’assaillant avait déclarée en 2013 lors d’une affaire de vol en réunion « soit réelle », a affirmé vendredi le procureur de Paris François Molins.

Dans cette affaire qui s’était déroulée à Saint-Maxime (Var), l’homme avait affirmé à la police s’appeler Sallah Ali et être né en 1995 à Casablanca, mais « cette identité est contredite par un papier manuscrit » retrouvé sur lui « sur lequel il y a la profession de foi musulmane, un drapeau de Daech dessiné, et son nom mais dans son nom il se dit Tunisien et pas Marocain », a affirmé François Molins sur France Inter.

Le caractère protéiforme de la menace

«Il n'est pas connu sous ce nom-là par les services de renseignement (...) Il va falloir travailler, déterminer l'identité, puis travailler sur un téléphone qu'on a trouvé, qui est doté d'une puce allemande», a-t-il détaillé. Selon lui, cette attaque «présente toutes les apparences, en termes de déroulement, de la légitime défense, face à un danger grave et imminent pour les personnels du commissariat».


François Molins répond aux questions de Patrick... par franceinter

Elle «illustre très bien le caractère protéiforme de la menace terroriste aujourd'hui en France, et ça illustre toute la difficulté de combattre ce type de menace».

«On peut se trouver confronté à des actes très organisés avec des logistiques et des coordinations importantes» pour des «tueries de masse» comme les attentats du 13 novembre, «et à côté de ça, des gens qui vont passer de manière isolée, soit sur fond de déséquilibre psychique ou soit tout simplement parce qu'il veulent appliquer des mots d'ordre de meurtre permanents», a-t-il ajouté.

Par ailleurs BFM TV a publié une photo de l'homme abattu ce jeudi.