Les policiers et militaires régulièrement visés par des attaques

TERRORISME L'attaque déjouée ce jeudi aux abords d'un commissariat parisien n'est pas sans rappeler des précédents...

L.C.

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Un policier à Paris, le 7 janvier 2015, après l'attaque survenue près d'un commissariat du 18e arrondissement.
Un policier à Paris, le 7 janvier 2015, après l'attaque survenue près d'un commissariat du 18e arrondissement. — NICOLAS MESSYASZ/SIPA

Un homme a été abattu ce jeudi vers midi alors qu’il tentait d’attaquer un policier devant un commissariat du XVIIIe arrondissement de Paris. Les policiers et militaires ont déjà été visés par des assaillants solitaires au cours de ces derniers mois.

En 2012, Mohamed Merah avait assassiné trois militaires et grièvement blessé un quatrième. Les forces de l’ordre figurent depuis plusieurs années en tête de la liste des cibles désignées par les organisations terroristes djihadistes, comme le grpupe Etat islamique ou Al-Qaida.

 

>> EN DIRECT. Suivez les suites de l’attaque à Barbès contre un commissariat

Des militaires et policiers déjà visés

  • 3 février 2015 : trois militaires agressés au couteau à Nice

Des militaires en faction devant un immeuble abritant le Consistoire israélite de Nice, Radio Shalom et une association israélite, ont été agressés à l’arme blanche et légèrement blessés. L’assaillant, Moussa Coulibaly, âgé de 30 ans, avait été refoulé de Turquie fin janvier 2015 et séjournait à Nice depuis. Il a été mis en examen pour « tentatives d’assassinats en relation avec une entreprise terroriste » et écroué.

  • 20 décembre 2014 : l’attaque du commissariat de Joué-les-Tours

​Un jeune converti de 20 ans, Bertrand Nzohabonayo, a été abattu dans un commissariat de cette ville d’Indre-et-Loire après avoir blessé à l’arme blanche trois policiers en criant « Allah Akbar ».

En outre, le 1er janvier 2016, des militaires en faction devant la mosquée de Valence ont ouvert le feu sur un automobiliste qui leur fonçait dessus. L’assaillant, un Français de 29 ans d’origine tunisienne, a été grièvement blessé. A ce stade de l’enquête, la qualification terroriste n’a pas été retenue à ce stade, l’auteur ayant des motivations confuses.

>>A lire aussi : Comment la justice établit-elle le caractère terroriste d’un acte ?

Plusieurs attaques terroristes déjouées 

En outre, d’autres attentats contre les forces de l’ordre ont été déjoués ces derniers mois selon le ministère de l’Intérieur. La place Beauvau a annoncé le 22 décembre 2015 qu’un projet terroriste visant les forces de l’ordre avait été évité à Orléans, et que deux suspects avaient été arrêtés. A Toulon, un homme qui projetait de s’en prendre aux militaires de la base de la marine nationale a été interpellé le 29 octobre 2015. En juillet dernier, quatre jeunes de 16 à 23 ans, dont un ancien militaire, soupçonnés de projeter l’attaque d’un camp militaire à Fort Béar, ont été arrêtés.

Autant d’événements qui renforcent le sentiment d’insécurité au sein des forces de l’ordre. « Nous savions que nous faisions un métier très dangereux, depuis un an nous savons que nous sommes des cibles, ce qui n’est pas la même chose », a ainsi déclaré sur iTELE Luc Poignant, membre du syndicat Unité SGP Police.

Après l’attaque du commissariat de la Goutte d'Or ce jeudi, le syndicat de police Alliance a affirmé dans un communiqué que « cette nouvelle attaque démontre une nouvelle fois la dangerosité extrême du métier et la surexposition permanente que subissent quotidiennement les Gradés et les Gardiens de la paix depuis de nombreux mois et notamment depuis les attentats terroristes ».

En première ligne lors des attentats

« De fait, les forces de l’ordre sont des cibles privilégiées, car elles assurent la sécurité des citoyens, et sont garantes de la paix civile, souligne le colonel en retraite Jacques Bessy, président de l’Adefdromil-Aide aux Victimes. Les attaques de Paris, de Valence et de Nice se ressemblent. Quelle que soit la couleur de l’uniforme, policiers ou militaires sont visés ».

En 2015, les attaques terroristes ont fait plusieurs victimes parmi les forces de l’ordre, en première ligne lors des interventions. Le 7 janvier 2015, Ahmed Merabet, 42 ans, brigadier en poste à la brigade VTT du commissariat du XIe arrondissement de Paris, a été abattu par les frères Kouachi après la tuerie de Charlie Hebdo, qui a fait douze victimes, dont un autre policier, Franck Brinsolaro, 49 ans, affecté à la protection du dessinateur Charb. Le lendemain, Clarissa Jean-Philippe, une policière municipale de 26 ans, a été tuée par Amedy Coulibaly à Montrouge.