La consommation de stupéfiants augmente dans les lycées publics

EDUCATION Si le nombre d’incidents graves est resté stable l’année passée, la consommation de drogues continue de progresser…

20 Minutes avec AFP
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Des lycéens devant leur établissement parisien, le 16 novembre 2015
Des lycéens devant leur établissement parisien, le 16 novembre 2015 — KENZO TRIBOUILLARD AFP

Malgré des incidents médiatisés après l’attaque contre Charlie Hebdo et l’Hyper Cacher, les collèges et lycées publics ont connu un nombre moyen d'« incidents graves » stable pendant l’année scolaire 2014/15, par rapport à l’année précédente, avec une baisse des vols mais une augmentation de la consommation de stupéfiants dans les lycées, selon une étude parue mercredi.

Le taux moyen est de 12,4 incidents pour 1.000 élèves, un chiffre proche de 2013/14, indique la direction de l’évaluation, de la prospective et de la performance (Depp), qui dépend du ministère de l’Education.

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La moitié des violences verbales visent les professeurs

L’étude se base sur les faits rapportés chaque mois par les chefs de 3.300 établissements en matière de violences verbales, physiques, vols, dommages aux locaux ou au matériel, consommation de stupéfiants etc. Pour les faits n’impliquant que les élèves sont retenus les actes les plus graves (situation de harcèlement, caractère discriminatoire de l’acte…).

Les atteintes aux personnes représentent 79 % des incidents relevés, contre 12,5 % pour des atteintes à la sécurité et 8,5 % pour les atteintes aux biens. Les violences verbales arrivent en tête (42 % du nombre total d’incidents), dont plus de la moitié à l’encontre des professeurs. Figurent ensuite les violences physiques (30 %), généralement entre élèves.

La consommation de stupéfiants continue d’augmenter

Parmi les « atteintes à la sécurité » (qui regroupe les comportements illégaux ou à risques, n’impliquant généralement pas de victime), la part de la consommation de stupéfiants continue d’augmenter à 3,8 %, contre 1,5 % seulement en 2010-11.

Une hausse due surtout à une forte progression dans les lycées : les incidents « consommation de stupéfiants » représentent désormais 10 % du nombre total, dans les lycées généraux ou polyvalents, contre 4 % trois ans auparavant, note la Depp.

La part des vols a en revanche diminué dans les lycées, à 10 % dans les établissements professionnels et 9 % dans les généraux et polyvalents. Leur part est stable dans les collèges.

La Depp note que la hausse du taux d’incidents constatée depuis plusieurs années dans les lycées professionnels « semble enrayée ». Ces établissements sont cependant ceux qui enregistrent le plus d’incidents (24,2 pour 1.000 élèves, contre 5,3 dans les lycées généralistes ou polyvalents, et 12,4 dans les collèges).

Les incidents concentrés dans quelques établissements

Comme les années précédentes, les incidents sont fortement concentrés : 5 % des établissements déclarent 24 % de l’ensemble des faits, soit autant que les 70 % des collèges et lycées les moins touchés.

Dans l’ensemble, plus de neuf élèves sur dix (94 %) se sentent bien dans leur lycée, selon une autre étude de la Depp publiée aussi mercredi, et 89 % disent avoir de bonnes relations avec leurs enseignants.

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L’ambiance entre élèves est jugée bonne par 89 % d’entre eux. Les punitions sont, elles, moins bien acceptées : seuls 70 % les trouvent justes (75 % chez les filles, 65 % chez les garçons).

[Statistiques] Neuf élèves sur dix déclarent se sentir bien dans leur lycée https ://t.co/6JlF0W6IjP #education pic.twitter.com/8wbSl4CMj9
— Éducation nationale (@EducationFrance) January 6, 2016

La plupart des lycéens (95 %) déclarent une absence de violence dans leur établissement, contre 77 % chez les collégiens. Parmi les violences au lycée, plus faibles qu’au collège, 33 % citent les vols de fournitures, 31 % la mise à l’écart, 29 % des surnoms désagréables et 22 % les insultes.