Attentats de janvier: Cinq choses à savoir pour améliorer ses chances de survie en cas d'attaque terroriste

CONSEILS Olivier et Raphaël Saint-Vincent détaillent dans un ouvrage les réflexes, gestes et attitudes qui sauvent en cas d'acte de terrorisme...

Céline Boff

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Evacuation d'une personne blessée lors de l'attaque terroriste au Bataclan, le 13 novembre 2015 à Paris
Evacuation d'une personne blessée lors de l'attaque terroriste au Bataclan, le 13 novembre 2015 à Paris — MIGUEL MEDINA AFP

Après une année marquée par les attentats, chacun s’attend à ce qu’une nouvelle attaque se produise. Et à se retrouver, peut-être, au mauvais endroit au mauvais moment. Que faire dans ce cas ? C’est à cette question que répond l’ouvrage Vivre avec la menace terroriste (éditions Eyrolles), rédigé par Olivier et Raphaël Saint-Vincent. 20 Minutes a retenu cinq idées phares.

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1. Se préparer

« S’il est bon d’être ouvert d’esprit, il est également bon d’avoir l’esprit ouvert, c’est-à-dire d’être attentif à son environnement », martèle Raphaël Saint-Vincent. La vigilance est l’un des mots-clefs de l’ouvrage. Et elle se travaille, affirment les auteurs. Physiquement, en faisant du sport régulièrement, et mentalement, en imaginant comment l’on réagirait en cas d’attaque. « Parce que la réalité ne se présente jamais comme on l’a pensée », il faut imaginer plusieurs scénarios : « Seule l’anticipation permet l’adaptation ».

2. Se plaquer au sol

S’il y a une technique que tout le monde devrait maîtriser, c’est celle du « placage au sol », écrivent les auteurs. « Il s’agit de passer, en cas d’attaque, de la position debout à la position couchée, sans chuter vers l’avant mais en faisant en sorte que nos mains prennent la place de nos pieds », détaille Raphaël Saint-Vincent. « Il faut également veiller à relever l’un des genoux pour protéger les parties génitales et à tourner le visage pour ne pas se casser le nez ou les dents. Surtout, une fois que vous êtes allongé, vous ne devez plus bouger ».

3. Se cacher

Avec des armes de guerre, il faut se placer derrière un mur porteur, un poteau métallique ou l’avant d’un véhicule pour se protéger des balles. Et/ou rester allongé. Dans tous les cas en « faisant son environnement », c’est-à-dire en tentant de comprendre où est (sont) placé(s) le(s) terroriste(s). « Pas forcément avec les yeux, car le moindre mouvement peut être fatal. Il faut faire travailler ses autres sens, notamment l’ouïe », insiste Raphaël Saint-Vincent. Pour fuir, il faut bondir d’abri en abri. Pour ne pas perdre la personne avec laquelle vous vous déplacez, notamment un enfant, il faut « agripper la partie de vêtement située entre l’épaule et le sternum et, une fois la main refermée, tourner le poing pour verrouiller la saisie », précisent les auteurs.

3. Se battre

L’idéal serait de pratiquer un sport de combat. Mais si vous préférez le tennis ou le football, gardez ces trois règles en tête en cas de lutte avec un agresseur. Primo : « Coupez la distance ». Autrement dit, placez vous le plus près possible de l’assaillant, surtout s’il est armé « car plus vous vous approchez, moins aisés seront ses tirs ». Secundo : « Frapper l’ennemi sans interruption, comme une averse, pendant au moins 30 secondes ». Tertio : « Pratiquez un étranglement, non pas par asphyxie, mais sanguin », c’est-à-dire en enserrant la gorge de l’assaillant avec ses propres vêtements ou n’importe quelle étoffe afin de provoquer son évanouissement.

4. Alerter

En cas d’attaque, mettez votre portable sur silencieux mais ne l’éteignez pas. Une fois en zone de sûreté, appeler le 17 (police nationale). Si l’appel n’aboutit pas, le 18 (pompiers) ou le 112 (urgences). Présentez-vous bien : « Je suis, je me trouve, je vois ». Si personne ne répond, « appelez un ami pour qu’il prévienne les secours et éventuellement votre famille », ajoute Raphaël Saint-Vincent.

5. Soigner

« En présence de plaies balistiques de la face, du thorax ou de l’abdomen, la priorité est de s’assurer de la liberté des voies aériennes supérieures, et d’être prêt à entreprendre les gestes de réanimation cardio-pulmonaires en cas d’arrêt cardiaque (30 compressions thoraciques puis deux insufflations de manière répétée jusqu’à reprise d’une activité cardiaque) », écrivent les auteurs. Si les membres sont touchés, il faut comprimer manuellement les orifices d’entrée et de sortie des projectiles et ne poser un garrot (à la racine du membre) qu’en cas de saignement cataclysmique, sans oublier de noter l’heure de mise en place. Plus que jamais, les auteurs recommandent de suivre, a minima, la formation aux premiers secours (PSC1).