«Dallas-sur-Seine»: Le procès Wildenstein, une affaire de famille

HÉRITAGES Le procès d'une évasion fiscale de très haut vol, celui du marchand d'art Guy Wildenstein, s'est ouvert lundi et doit se poursuivre mercredi...

T.L.G.

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La famille Wildenstein
La famille Wildenstein — DR/SIPA

Dans la famille Wildenstein, je voudrais… Guy, dont le procès s’est ouvert lundi à Paris. Cet héritier d’une riche famille de marchands d’art, est accusé d’avoir caché au fisc français des sommes colossales. Lundi, l'audience a été suspendue, dans l'attente d'une décision mercredi sur la question prioritaire de constitutionnalité posée par les avocats de Guy Wildenstein et de son neveu Alec Junior. Guy Wildenstein comparaît aux côtés de son neveu et de sa belle-sœur Liouba, en guerre ouverte avec le reste de la famille. Retour sur les protagonistes de ce « Dallas-sur-Seine ».

Guy Wildenstein, l’héritier

Guy, 70 ans, est un marchand d’arts vivant aux Etats-Unis. Il est accusé de fraude fiscale et blanchiment aggravé. Il aurait, selon les enquêteurs, soustrait à l’impôt la plus grande part de la fortune familiale, faite de tableaux et de biens immobiliers de prestige, après le décès de son père Daniel en 2001 et après la disparition en 2008 de son frère aîné Alec.

Le fisc français a adressé fin 2014 un redressement de plus de 550 millions d’euros aux héritiers Wildenstein, dont la fortune totale est estimée à plusieurs milliards.

 

Sylvia Wildenstein, la veuve

A la mort de son mari Daniel, Sylvia Roth-Wildenstein se serait laissé convaincre par Guy et Alec de renoncer à l’héritage contre une rente annuelle. Les deux frères lui auraient fait croire que leur père est mort ruiné. Ils déclarent en 2002 un héritage de 40,9 millions d’euros (actif net). Trois ans plus tard, la veuve de Daniel se retourne contre ses beaux-fils. La justice rouvre le dossier en réintégrant Sylvia Roth à la succession

Elle leur reproche de lui avoir dissimulé une immense partie du patrimoine familial, logé dans des « trusts », des sociétés-écran dans les paradis fiscaux. En juillet 2009, le parquet de Paris ouvre une enquête après une plainte pour « abus de confiance » de Sylvia Roth, qui meurt l’année suivante. C’est elle, qui est à l’origine de l’expression « Dallas-sur Seine », pour illustrer les querelles judiciaires du clan.

Liouba Wildenstein, la rebelle

Avec le décès d’Alec en 2008, ses deux enfants - Diane et Alec Junior - ainsi que sa veuve Liouba Stoupakova, épousée en secondes noces, entrent dans la succession. En 2011, cette dernière entre à son tour en guerre ouverte contre le clan. Liouba Wildenstein dépose une plainte contre X avec constitution de partie civile pour abus de confiance.

S’estimant exclue de la succession, elle fournit une nouvelle série de pièces décisives à la justice. A l’ouverture du procès de Guy Wildenstein devant le tribunal correctionnel de Paris ce lundi, elle comparaît pour complicité de blanchiment aggravé et son neveu Alec Junior pour fraude fiscale.

Jocelyn Wildenstein, « Catwoman »

Pour ses excès de bistouri, elle est peut-être la plus célèbre du clan Wildenstein. Jocelyn Périsset est la première épouse d’Alec et mère de ses deux enfants, Alec Junior et Diane. L’excentrique « fiancée de Wildenstein » est la première à lever un coin de voile sur le patrimoine de la taiseuse famille, lors d’un divorce houleux et médiatique, en 1998.