Agression à la mosquée de Valence: Le principal suspect mis en examen pour tentative d'homicides

20 Minutes avec AFP

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Façade de la grande mosquée de Valence prise pour cible par un assaillant en voiture.
Façade de la grande mosquée de Valence prise pour cible par un assaillant en voiture. — PHILIPPE DESMAZES / AFP

La garde à vue de l’homme interpellé après avoir foncé en voiture, le 1er janvier, sur des militaires postés devant la grande mosquée de Valence (Drôme) est terminée. Le procureur de la République a annoncé la mise en examen de l’assaillant pour tentative d’homicides sur dépositaires de l’autorité publique. 

Un mandat de dépôt a également été requis à son encontre, a précisé le procureur de la République de Valence, Alex Perrin. « Le juge d'instruction s'est déplacé à l'hôpital pour la mise en examen car le forcené est toujours hospitalisé », a déclaré à l'AFP M. Perrin.

Devant le magistrat instructeur, Raouf El Ayeb, un homme de 29 ans originaire de Bron (banlieue lyonnaise), a été « en retrait » par rapport à ses déclarations initiales, affirmant n'avoir voulu que « renverser » les militaires.

« Nous avons considéré que de toute façon la répétition de la charge (avec une voiture à trois reprises), qui était de nature à pouvoir tuer les militaires, et puis l'expression qui a été la sienne d'une intention illicite, suffisent à caractériser une volonté de meurtres », a expliqué M. Perrin.

Des images de propagande retrouvées

Des images de propagande djihadiste ont été découvertes sur l’ordinateur saisi par les enquêteurs lors d’une perquisition au domicile chauffeur de la voiture. « Ce sont des images qui peuvent être tout à fait trouvées par n’importe qui sur internet », a déclaré à l’AFP le procureur de la République de Valence, Alex Perrin, qui n’a pas précisé s’il s’agissait de propagande du groupe Etat Islamique.

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« Rien ne renvoie sur l’appartenance à un réseau quelconque »

« Le parquet de Paris a estimé qu’il n’y avait pas matière à retenir sa compétence en l’état des vérifications et des perquisitions », a ajouté Alex Perrin, au cours d’une conférence de presse. « Rien ne renvoie sur l’appartenance à un réseau quelconque », a-t-il dit.

Pour autant, l’agresseur aurait fait part devant les secouristes « de sa volonté de se faire tuer par des militaires et de tuer des militaires », au motif que ceux-ci « tuaient les gens », a encore dit le magistrat. « C’est manifestement quelqu’un qui a agi en solitaire et sans lien particulier avec une mouvance » islamique, a noté Alex Perrin.

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Selon le procureur, « ni arme ni document en relation avec une éventuelle appartenance à un radicalisme religieux ou à des mouvances terroristes » n’ont été retrouvés dans son véhicule. Une perquisition au domicile de l’agresseur à Bron, près de Lyon, s’est révélée négative « dans un premier temps ». Son matériel informatique est toujours en cours d’exploitation par les enquêteurs.