Pantin: Que sait-on de l'interpellation violente impliquant une mère de famille?

POLICE La mère de deux garçons contrôlés à Pantin a écopé de 10 jours d’ITT après avoir été molestée par les policiers…

H.S.
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Illustration d'un véhicule de police.
Illustration d'un véhicule de police. — XAVIER VILA/SIPA

Y’a-t-il eu abus et violences de la part des forces de police, présentes samedi après-midi, rue Auger, à Pantin (Seine-Saint-Denis) ? 20 Minutes fait le point sur les éléments publiés depuis trois jours.

>> VIDEO. A Pantin, une mère de famille va porter plainte pour violences policières

Un contrôle d’identité qui tourne mal

Zahra Kraiker est la première à prendre la parole, dès le lendemain de l’arrestation de deux de ses fils, âgés de 15 et 18 ans. Interviewée sur Beur FM et par France 3, la mère de famille explique qu’elle s’est interposée entre les forces de l’ordre parce qu’ils violentaient l’un de ses garçons. C’est elle que l’on aperçoit en tee-shirt bleu sur les images.

Dans un communiqué publié lundi soir, le secrétaire général du Parquet de Bobigny donne davantage de détails : « Le 26 décembre 2015, à 16h45, les effectifs de police du commissariat de Pantin ont constaté la présence rue Auger d’une quinzaine d’individus ainsi que d’un chien dangereux non tenu en laisse et non muselé. A leur passage les policiers ont entendu des cris et des invectives en leur direction ». S’ensuit un contrôle d’identité « sans incident » des jeunes présents et des papiers relatifs à l’animal.

« Repoussée » par les policiers

Le Parquet explique qu’au moment du départ des forces de l’ordre, les individus présents les auraient visés avec des pierres. S’ensuit une tentative d’interpellation musclée et l’implication de la mère de deux des quinze individus présents, Zahra Kraiker. Dans le document transmis par les autorités, on peut lire : « La mère de deux des mis en cause ayant assisté à l’interpellation de son fils s’est interposée pour empêcher l’action des policiers. Elle était repoussée par ceux-ci ».

Dans son interview diffusée dimanche, Zahra Kraiker a fait part de son intention de porter plainte. Le Parquet confirme cette information, faisant état d’une plainte auprès de l’inspection générale de la police nationale (IGPN). Il est également précisé qu’une demande transmission du certificat médical de la mère a été formulée, sans réponse pour le moment.

Dix jours d’interruption partielle de travail

Le certificat médical en question a pourtant bien été établi et publié par plusieurs médias. Zahra Kraiker a écopé de dix jours d’Incapacité temporaire partielle (ITP). Certains interpellés présentent eux des ITT (Incapacité temporaire totale) de 1 à 3 jours et du côté des policiers qui ont été notifiés d’ITT de 2,6 et 7 jours selon le Parquet.

Cinq personnes ont été placées en garde à vue, dont quatre mineurs et ils ont été déférés lundi « en vue d’une ouverture d’information des chefs d’outrages, rébellion et violences aggravées sur des personnes dépositaires de l’autorité publique ». 

Ils ont été présentées à un juge d'instruction ce mardi et placées sous le statut de témoin assisté. Toutefois le magistrat a estimé qu'il n'y avait pas d'indices graves ou concordants susceptibles de justifier une mise en examen.