Terrorisme: Manuel Valls défend à nouveau la déchéance de nationalité

CONSTITUTION Alors que les critiques se multiplient dans le camp de la majorité, le Premier ministre a réaffirmé la nécessité d'inscrire la déchéance de nationalité dans la Constitution...

L.C. avec AFP

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Le Premier ministre Manuel Valls, le 3 décembre 2015 en meeting à Paris.
Le Premier ministre Manuel Valls, le 3 décembre 2015 en meeting à Paris. — Revelli-Beaumont/SIPA

Alors que les critiques ne cessent de se multiplier à gauche, Manuel Valls a de nouveau défendu ce lundi le projet d’élargir la déchéance de nationalité aux binationaux nés Français et condamnés pour terrorisme. Le Premier ministre s’en est pris aux « amalgame(s) » et aux « arguments infondés » qui renforcent selon lui la « propagande » du Front national et des « cercles identitaires ».

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Pas « une idée d’extrême-droite »

Dans un entretien paru la veille dans le Journal du Dimanche, le chef du gouvernement était déjà monté au créneau face aux critiques émises à gauche contre cette mesure que l’exécutif a intégré au projet de révision de la Constitution. Loin de convaincre ses détracteurs, l’interview avait suscité une vague de critiques au sein même du Parti socialiste.

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Est-ce pour cela que Manuel Valls a décidé d’en remettre une couche ce lundi ? Dans une tribune publiée sur son compte Facebook, il nie que la déchéance de nationalité soit « une idée d’extrême-droite ».

 

Je ne peux laisser tout dire sur la déchéance de nationalité : revenons aux faits !Le débat public et libre témoigne...

Posté par Manuel Valls sur lundi 28 décembre 2015

 

« Je ne peux laisser tout dire sur la déchéance de nationalité : revenons aux faits ! », écrit le Premier ministre. « Comment peut-on dire que priver de la nationalité française des terroristes condamnés serait une idée d’extrême-droite ? D’abord, parce que c’est strictement faux : ce principe existe dans de nombreux pays démocratiques proches de la France : en Grande-Bretagne, au Canada, en Suisse, aux Pays-Bas et d’autres encore, sans doute. Le même débat existe en Belgique. En Allemagne, la question ne se pose pas puisque la binationalité n’y est pas autorisée. Ensuite, parce qu’affirmer cela permet au Front national et aux cercles identitaires de renforcer leur propagande », poursuit Manuel Valls.

« Il faut au contraire dire que ce qui est une idée d’extrême-droite, c’est de fonder la nationalité exclusivement sur le sang, sur l’appartenance ethnique, sur ce qui par nature ne peut jamais être révoqué. Car les doctrines d’extrême-droite tournent radicalement le dos à la conception historique ouverte de la Nation française, fondée sur l’adhésion à l’idéal républicain et sur la volonté commune de vivre ensemble qui unit tous les citoyens français ! »

« Un acte symbolique fort » pour sanctionner les terroristes

« Le débat public et libre témoigne de la force de notre démocratie » et « chacun a droit au respect de son opinion ». « Mais, devant les Français, il est sage d’éviter tout amalgame, d’écarter les arguments infondés. Priver de la nationalité française ceux qui tuent aveuglément d’autres Français au nom d’une idéologie de terreur est un acte symbolique fort qui sanctionne ceux qui se sont eux-mêmes exclus de la communauté nationale. Rien de moins, rien de plus », poursuit le Premier ministre.

Cette mesure n’est selon lui « aucunement une remise en question du droit du sol puisque la possibilité de déchéance concernera tous les terroristes binationaux condamnés pour crimes, quel que soit le mode d’obtention de la nationalité, droit du sol ou filiation. Évitons de laisser indûment penser que le droit du sol ferait obstacle à une proposition qui recueille une très large adhésion parmi les Français. Ce n’est nullement le cas ».