Corse: Les nouveaux élus nationalistes défendent l'identité corse, «aux antipodes» du racisme

SOCIETE Jean-Guy Talamoni et Gilles Simeoni, deux leaders nationalistes fraîchement élus en Corse, défendent tout lien entre nationalisme et racisme, après le saccage d’une salle de prière…

M.P. avec AFP

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Les nationalistes Gilles Simeoni (d) et Jean-Guy Talamoni, le 17 décembre 2015, après leur élection aux instances dirigeantes de la Corse
Les nationalistes Gilles Simeoni (d) et Jean-Guy Talamoni, le 17 décembre 2015, après leur élection aux instances dirigeantes de la Corse — Pascal POCHARD-CASABIANCA AFP

Opération déminage pour les nationalistes corses, nouvellement élus, et confrontés à de graves dérapages racistes ces derniers jours à Ajaccio. Jean-Guy Talamoni, le leader indépendantiste et nouveau président de l’Assemblée de Corse, s’est démultiplié ce lundi matin pour défendre son territoire, après qu’une salle de prière musulmane a été profanée et que des messages racistes écrits en Corse ont été diffusés en représailles à l’agression de pompiers.

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« Ceux qui se livrent à des dérapages inadmissibles, à des faits inqualifiables comme la profanation d’un lieu de culte, ne peuvent se revendiquer ni de la Corse, ni de cette culture qui a toujours refusé ce genre d’actes et ce genre de sentiments à l’égard des autres », a-t-il argumenté sur BFM TV. « L’idéologie raciste est en contradiction formelle avec la culture corse », a -t-il insisté.

Le vote FN plutôt l’oeuvre de continentaux selon Talamoni

Un peu plus tôt, sur France inter, Jean-Guy Talamoni avait expliqué que « l’extrême droite est une » idéologie importée « en Corse. » « La Corse a été la première terre d’Europe à instaurer la tolérance religieuse au milieu du XVIIIe siècle. Pendant la Seconde guerre mondiale, les juifs étaient protégés en Corse, il n’y a pas eu de déportation des Juifs », a-t-il insisté.

A propos des slogans racistes comme « Arabi Fora » (« Les arabes dehors », en Corse), il juge que « c’est en quelque sorte profaner la langue corse que de s’en servir pour dire des choses pareilles ».

Il a également nié toute porosité entre le vote nationaliste et le vote FN en Corse, soulignant que « ce sont les bureaux de vote à proximité par exemple de la base de Solenzara, où il y a beaucoup de militaires continentaux, ou à Corte à côté de la gendarmerie, où le FN fait des scores remarquables ».

Simeoni dénonce une « forme d’instrumentalisation » pour nuire aux nationalistes

Le nationalisme corse est « aux antipodes » du racisme et de la xénophobie, a estimé lundi matin Gilles Simeoni, lui aussi nouvellement élu président du conseil exécutif de Corse. « Notre nation est une démarche progressiste, qui est l’affirmation de l’existence d’un peuple, le peuple corse, et pour autant, la conception du peuple corse est une conception ouverte, généreuse, accueillante », a-t-il assuré sur Europe 1.

Interrogé sur le fait que ces événements se soient déroulés quelques jours seulement après la victoire des nationalistes aux élections, Gilles Simeoni a estimé qu’il s’agit d’une « coïncidence malheureuse ».

Nouvelle manifestation prévue

« Maintenant, on se demande s’il n’y a pas une forme d’instrumentalisation pour tenter de mettre en difficulté celles et ceux qui ont été élus par le suffrage universel il y a une dizaine de jours », s’est-il également interrogé.

Malgré l'interdiction de manifester édictée par le préfet, des habitants et des élus ont toujours prévu de se rassembler devant la caserne des pompiers ce lundi.