VIDEO. Ajaccio: Des manifestants saccagent une salle de prière musulmane

FAITS DIVERS Deux pompiers et un policier avaient été blessés la nuit précédente dans des échauffourées...

T.L.G. avec AFP
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Salle de prière saccagée par des manifestants, à Ajaccio.
Salle de prière saccagée par des manifestants, à Ajaccio. — Pierre-Antoine FOURNIL / AFP

Des manifestants ont saccagé vendredi à Ajaccio une salle de prière musulmane et tenté de mettre le feu à des exemplaires du Coran, à proximité d'une cité où deux pompiers et un policier avaient été blessés la nuit précédente dans des échauffourées, a-t-on appris auprès de la police et de la préfecture.

En marge d'un rassemblement de quelque 250 à 300 personnes dans les Jardins de l'Empereur, la cité où les échauffourées ont eu lieu dans la nuit de jeudi à vendredi, un petit groupe a fracturé la porte vitrée d'une salle de prière musulmane et l'a saccagée, a-t-on précisé de mêmes sources.Ils en ont sorti de nombreux livres, dont des exemplaires du Coran, auxquels ils ont tenté de mettre le feu, sans parvenir toutefois à les brûler entièrement, a-t-on ajouté.

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«Profanation inacceptable», assure Manuel Valls

Bernard Cazeneuve a condamné l'agression de pompiers et policiers à Ajaccio ainsi que le saccage d'un lieu de culte musulman, «exactions intolérables aux relents de racisme et de xénophobie».

Dans un communiqué, le ministre de l'Intérieur a souhaité que les auteurs de l'agression contre les sapeurs-pompiers et policiers soient «interpellés dans les meilleurs délais» et également que toute la lumière soit faite sur les dégradations commises dans une salle de prières. «Après l'agression intolérable de pompiers, profanation inacceptable d'un lieu de prière musulman. Respect de la loi républicaine», a réagi Manuel Valls sur Twitter.

Quelque 600 personnes s'étaient rassemblées dans le calme vers 16h00 vendredi devant la préfecture à Ajaccio, en soutien aux pompiers et au policier blessés dans la nuit de jeudi à vendredi dans la cité des Jardins de l'Empereur, a constaté une correspondante de l'AFP. Quelque 250 à 300 d'entre elles se sont ensuite rendues dans le quartier où les échauffourées avaient eu lieu dans la nuit.

Dans ce quartier populaire, sur les hauteurs d'Ajaccio, ces personnes, encadrées par des policiers déployés pour maintenir le calme, ont cherché à identifier les auteurs des violences de la nuit, aux cris de «On est chez nous!» ou «Arabi fora (les Arabes dehors)!», a constaté la correspondante de l'AFP.

Le CFCM a «condamné avec force» ces faits

Le préfet de Corse, Christophe Mirmand, s'est rendu dans la cité, a constaté la correspondante de l'AFP. Interpellé par les manifestants, il a déclaré être présent «pour éviter des débordements». Assurant que «tous les moyens étaient mis en oeuvre» pour retrouver les auteurs de l'agression de la nuit de jeudi à vendredi, il a aussi estimé que les «menaces de ce soir (vendredi soir, ndlr) n'étaient pas acceptables».

L'Observatoire national contre l'islamophobie du Conseil français du culte musulman (CFCM) a «condamné avec force» ces faits, dénonçant une agression «qui se déroule en un jour de prière pour les musulmans et pour les chrétiens», puisque cette année Noël tombait juste après le Mouled, la fête musulmane qui commémore la naissance du prophète Mahomet.