Déchéance de nationalité: Une mesure qui provoque des départs au sein du PS

RÉFORME Le maintien de la déchéance de nationalité dans le projet de révision de la Constitution provoque des départs au sein du Parti socialiste…

L.C.

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Illustration du logo du Parti socialiste.
Illustration du logo du Parti socialiste. — REVELLI-BEAUMONT/SIPA

La déchéance de nationalité fait désormais bien plus que grincer des dents au sein de la majorité. La mesure, maintenue dans le projet de révision de la Constitution dévoilé mercredi par l’exécutif, déplaît fortement à de nombreux élus et militants de gauche. Certains ont d’ores et déjà annoncé qu’ils allaient prendre leurs distances avec le parti au pouvoir. C’est le cas d’un élu girondin du Parti socialiste (PS) et de certains militants dans la Loire.

Un élu girodin se met «en congé» du PS 

Jean-Marie Darmian, l’un des vice-présidents PS du Conseil départemental de la Gironde, a annoncé jeudi qu’il se mettait « en retrait » du PS. « Je me mets en congé du PS avec le sentiment que je ne peux plus rien apporter à l’actuel parti. Ma présence n’offre aucun intérêt et en plus je ne supporte plus les gouttes successives accumulées ces derniers temps dans un vase qui vient de déborder. Le liquide ressemble à de la ciguë pour ma conscience », écrit l’élu, 68 ans, dans un billet intitulé « Enfin pouvoir me regarder dans la glace en me rasant » et diffusé jeudi sur son blog.

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« J’abandonne le champ de bataille. Je choisis d’être indépendant et ne plus avoir de comptes à rendre à personne. Petit-fils et fils d’immigrés, je ne supporte pas que l’on mette en cause un tant soit peu le droit du sol sans lequel ma famille n’aurait jamais pu construire ce que je suis devenu, sans lequel je ne serais jamais… socialiste », ajoute-t-il, en référence à la décision du gouvernement de maintenir la déchéance de nationalité pour les citoyens binationaux condamnés pour des faits de terrorisme.

« Je ne supporte plus cette course nationale absurde au populisme facile au nom de la rentabilité électorale », écrit-il encore.

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Le secrétaire général du MJS de la Loire quitte le PS

Dans un même élan, des militants PS de la Loire ont annoncé qu’ils allaient quitter le parti. C’est le cas du secrétaire général du Mouvement des Jeunes Socialistes (MJS) de la Loire, Abdel Cherif. Selon France Bleu Saint-Etienne Loire, il reste au MJS mais quitte le PS., estimant que ce projet « ne correspond plus à (son) engagement au PS, aux valeurs pour lesquelles (il) a soutenu François Hollande ».

Sur les réseaux sociaux, Abdel Chérif a d’ailleurs annoncé son départ du PS à grand fracas, se disant « libéré, délivré ! » sur Twitter.

Il a également publié un message sur Facebook pour expliquer sa décision.

 

Comment un gouvernement dit de gauche #PS peut réformer dans le sens de la droite et de l’extrême droite ? Aujourd’hui…

Posté par Abdel Cherif sur mercredi 23 décembre 2015