Une circulaire de la police indique la conduite à tenir face à des « tueurs de masse »

POLICE La DGPN a diffusé ce lundi une circulaire aux policiers…

A.Ch.

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Illustration d'un véhicule de police.
Illustration d'un véhicule de police. — XAVIER VILA/SIPA

« Il est nécessaire que les policiers primo-intervenants disposent des éléments essentiels sur la conduite à tenir en cas de confrontation à de telles situations » : la direction générale de la police nationale (DGPN) a adressé ce lundi une circulaire à tous les policiers leur indiquant la conduite à tenir face à des « tueurs en masse ».

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« Neutraliser l’individu »

« Les attentats du 13 novembre 2015 ont confirmé la tuerie de masse comme mode d'action terroriste en France » et « révélé un mode d'agression inédit » tel « l'usage d'une ceinture d'explosifs », a écrit le directeur de la DGPN Jean-Marc Falcone. A l'issue de « travaux », la DGPN a donc établi, pour la première fois, trois « fiches de conduite à tenir dans un contexte de tuerie de masse ».

Une de ces fiches présente un « schéma tactique de base pour les policiers primo-intervenants » : les policiers arrivant les premiers sur les lieux d'une « tuerie de masse » sont incités à « se protéger, alerter et évacuer la population » ou « intervenir pour fixer ou confiner le tireur, en focalisant celui-ci sur les forces de police plutôt que sur des victimes civiles ». Si cela échoue, il faut « neutraliser l'individu ».

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« Il s'agit de sauver des vies »

Une seconde fiche concerne le cas d'un homme « porteur d'un engin explosif improvisé (EEI) » : elle détaille ce que peut être une ceinture explosive avec photos et croquis, insistant sur la « grande dangerosité » d'un EEI. La fiche préconise les dispositions à prendre dans une zone à faible densité, en se mettant à couvert et en gardant « l'individu à distance et en le tenant en joue ». Suivent les consignes dans un centre commercial par exemple. Si le terroriste « s'apprête à déclencher son engin », il faut « engager une neutralisation associée à un appel vocal simultané à évacuer la zone à l'attention du public ». La DGPN précise que le tir de neutralisation devra alors s'effectuer « autant que possible » hors de la « zone corporelle où se situe (un) gilet » explosif afin « d'éviter la mise à feu de la charge ».

La troisième fiche détaille la « prévention », plus classique dans son déroulé, du « sur-attentat ». Elle fixe des « principes d'action »: désignation d'un commandement, zone d'intervention « pour circonscrire les risques », sécurisation et contrôle strict des zones concernées. « En rupture avec les pratiques mises en œuvre jusque là » dans la police, « ces fiches préconisent (...) une action des primo-intervenants sans attendre l'arrivée de policiers spécialistes de l'intervention », indique la circulaire. « Il s'agit de sauver des vies en déstabilisant le schéma d'action des agresseurs ».