Des militaires patrouillent sur le parvis de Notre-Dame de Paris, le 24 décembre 2015.
Des militaires patrouillent sur le parvis de Notre-Dame de Paris, le 24 décembre 2015. — DOMINIQUE FAGET / AFP

SECURITE

Menace terroriste: Quels dispositifs de sécurité dans les lieux de culte pour les célébrations de Noël?

120 000 policiers, gendarmes et militaires sont mobilisés ce jeudi et vendredi...

Un peu plus d’un mois après les attentats du 13 novembre, les églises vont être particulièrement surveillées ce jeudi soir. Alors que 10 000 messes de Noël doivent être célébrées dans l’Hexagone, quelque 120 000 policiers, gendarmes et militaires sont mobilisés jeudi et vendredi.

Quelque 48 000 policiers et 2 000 CRS seront mobilisés pour la sécurité des festivités jeudi et vendredi, selon la direction générale de la police nationale (DGPN). Un effectif qui n’inclut pas les policiers dépendant de la préfecture de police de Paris.

Le ministre de l’Intérieur, Bernard Cazeneuve, avait assuré mardi que « tout est fait pour que la sécurité soit garantie ». « Dans le cadre de la protection des sites religieux de Paris et de la petite couronne durant les messes et offices des 24 et 25 décembre », la préfecture de police de Paris a mobilisé 500 policiers et 6 500 militaires qui effectueront des gardes statiques et des rondes, a expliqué la préfecture de police. Elle rappelle également aux « 1 236 églises concernées », les mesures de sécurité préventives « adaptées à chaque situation » telles que la vérification des sacs ou l’appel aux services de police si nécessaire.

Au niveau national, 28 000 gendarmes départementaux et 4 200 gendarmes mobiles seront également mobilisés. « 10 000 militaires de l’opération Sentinelle dont 6 500 en Ile-de-France, 1 500 marins pour protéger les approches maritimes et 1 000 aviateurs pour la protection de l’espace aérien », restent aussi mobilisés, un « dispositif national inchangé », selon le porte-parole des armées.

« Vigilance toute particulière »

Le 16 décembre dernier, Bernard Cazeneuve a adressé aux préfets un « télégramme » recensant les mesures mises en place en la matière, souligne Le Monde. Ce texte appelle à « une vigilance toute particulière » lors des célébrations de Noël qui « pourraient constituer des cibles d’une exceptionnelle force symbolique ».

Parmi les « recommandations » : le « contrôle visuel » aux entrées des lieux de culte, « l’ouverture des vestes et manteaux » et le « signalement » à la police de tout « comportement inhabituel ». Le ministre de l’Intérieur a aussi insisté sur la nécessité de veiller aux véhicules stationnés à proximité des lieux de culte.

Des sociétés privées de sécurité mobilisées

Cependant, « il faut en même temps dire aux Français la vérité : il y a dans notre pays un peu moins de 300 000 policiers et gendarmes, il y a 77 000 écoles, il y a des milliers de lieux de culte, il y a des milliers d’institutions. Donc c’est par des patrouilles dynamiques, des mesures de précaution prises par les institutions religieuses elles-mêmes que nous parviendrons à assurer la sécurité, et tout est fait pour que la sécurité soit garantie », a poursuivi le ministre.

Dans la région parisienne, certains lieux de cultes d’ampleur sont déjà très surveillés et des agents de sociétés privées de sécurité sont mobilisés en renfort. Ces lieux font également l’objet d’un « barriérage » à leurs abords, destiné à éviter les voitures-béliers, et « tout le parvis de Notre-Dame de Paris sera vidé pendant l’office », a expliqué au JDD Philippe Lavenu, secrétaire national de la section Île-de-France du syndicat de police Alliance.

Interrogé mercredi sur RMC, le cardinal André Vingt-Trois, archevêque de Paris qui célébrera la messe de minuit à Notre-Dame ce jeudi soir, a tenu à rassurer les fidèles : « Les mesures de surveillance et de protection mises en œuvre par le ministère de l’intérieur sont au maximum depuis plusieurs semaines », a-t-il rappelé. Malgré « l’affluence exceptionnelle » particulière aux offices de Noël, il a estimé que « la menace spécifique n’est pas plus forte qu’elle n’était il y a quinze jours ou qu’elle ne le sera dans quinze jours ».