VIDEO. Yassin Salhi, qui avait décapité son patron en Isère, s'est suicidé en prison

TERRORISME Il était incarcéré en quartier d'isolement à Fleury-Mérogis...

20 Minutes avec AFP

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Yassin Salhi entre des policiers lors de la perquisition à son domicile le 28 juin 2015 à Saint-Priest
Yassin Salhi entre des policiers lors de la perquisition à son domicile le 28 juin 2015 à Saint-Priest — PHILIPPE DESMAZES AFP

Yassin Salhi s’est pendu aux barreaux de sa cellule. L’homme écroué pour avoir décapité son patron et attaqué un site gazier en Isère, s’est suicidé mardi soir à la maison d’arrêt de Fleury-Mérogis (Essonne), a-t-on appris mercredi soir auprès de l’administration pénitentiaire.

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Le détenu, qui était incarcéré en quartier d’isolement, n’avait pas été repéré comme suicidaire, selon cette source. Il est décédé à 21 h 15.

Selon les informations du Parisien, il venait de se faire confirmer son maintien en cellule d'isolement et la prolongation de sa détention provisoire pour 6 mois supplémentaires. D'après le quotidien, il se serait pendu au moyen du câble d'alimentation d'un appareil électrique. L'AFP a de son côté évoqué un drap.

Des motivations religieuses contestées

Ce chauffeur-livreur de 35 ans avait été placé en détention provisoire fin juin 2015 après avoir été mis en examen notamment pour assassinat en relation avec une entreprise terroriste, enlèvement et séquestration en vue de préparer un assassinat, destruction ou dégradation et violences volontaires.

A l’inverse d’un Mohamed Merah, des frères Kouachi, d’Amédy Coulibaly ou, plus récemment des djihadistes qui ont frappé Paris le 13 novembre, Salhi a toujours contesté en garde à vue toute motivation religieuse, invoquant un différend professionnel avec son chef. Mais pour la justice, le patron de son entreprise de transport, Hervé Cornara, qu’il a avoué avoir tué, était bien une victime du terrorisme islamiste.

L’homme avait en effet fixé la tête de sa victime sur un grillage de l’usine, à proximité de deux drapeaux frappés de la « chahada », la profession de foi musulmane. Après avoir pris des photos, il les avait envoyées à un ami parti combattre en Syrie, dont un selfie dans lequel il avait posé auprès de la victime. Puis il avait repris son utilitaire et était entré en collision avec des bouteilles de gaz, provoquant une explosion avant d’être maîtrisé par des pompiers arrivés rapidement sur place et auxquels il avait lancé : « Allahou Akbar ».

Ces actes, à la mise en scène islamiste, avaient brutalement rappelé l’enjeu de la sécurité des sites industriels sensibles.

Yassin Salhi n’est pas le premier détenu médiatisé à se suicider en prison, entraînant de fait l’extinction des poursuites à son encontre. En février 2010, Jean-Pierre Treiber, accusé du double meurtre de Géraldine Giraud et Katia Lherbier en 2004, s’était lui aussi pendu dans sa cellule avec un drap.