Photos des exactions du groupe EI: L'ex-otage Hervé Ghesquière «écoeuré» par Marine Le Pen

POLEMIQUE « Comment avez-vous pu avoir l'idée d'utiliser ces images horribles diffusées par l'État islamique au bénéfice de votre propre propagande? », demande le journaliste dans une lettre ouverte à la présidente du FN…

20 Minutes avec AFP

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Lille, le 2 juillet 2011. Hervé Ghesquière, journaliste de France Télévision retenu en otage en Afghanistan entre le 29 décembre 2009 et le 29 juin 2011 en compagnie de son collègue Stéphane Taponier, est de retour dans sa région natale. Ici au siège de France 3 Nord Pas-de-Calais, où il donne une conférence de presse.
Lille, le 2 juillet 2011. Hervé Ghesquière, journaliste de France Télévision retenu en otage en Afghanistan entre le 29 décembre 2009 et le 29 juin 2011 en compagnie de son collègue Stéphane Taponier, est de retour dans sa région natale. Ici au siège de France 3 Nord Pas-de-Calais, où il donne une conférence de presse. — MIKAEL LIBERT/20 MINUTES

Dans une lettre ouverte à Marine Le Pen, le journaliste Hervé Ghesquière, ancien otage en Afghanistan, a fait part de sa révolte et de son écoeurement après la publication par la présidente du Front national (FN) de photos d'exactions du groupe État islamique (EI), dont celle du corps décapité du journaliste américain James Foley.

«L'utilisation de ces photos est une abomination, une atteinte à la dignité humaine et une insulte à toutes les victimes du terrorisme», écrit Hervé Ghesquière dans sa lettre publiée dimanche sur le site internet du Monde.

>> Lire aussi : Que risque Marine le Pen après la diffusion de ces photos barbares sur son compte Twitter ?

«Révolté et écoeuré par cette ignominie»

«Je suis à la fois révolté et écoeuré par cette ignominie. Comment avez-vous pu avoir l'idée d'utiliser ces images horribles diffusées par l'État islamique au bénéfice de votre propre propagande?» demande le journaliste qui a été retenu en captivité en Afghanistan de décembre 2009 à juin 2011 avec son confrère Stéphane Taponier.

La publication par Marine Le Pen de trois photos d'exactions du groupe EI sur son compte Twitter a suscité une vive polémique cette semaine et conduit la justice à ouvrir une enquête pour «diffusion d'images violentes».

Utiliser «la monstruosité de Daech pour attiser la peur»

Face au tollé, Marine Le Pen a retiré jeudi matin de son compte Twitter la photo du journaliste américain décapité, qui avait «profondément choqué» sa famille, mais pas les deux autres photos de victimes de l'organisation EI.

«Vous laissez deux clichés montrant la mise à mort atroce de deux hommes. Vous craignez peut-être d'être traînée en justice aux États-Unis alors que pour les autres martyrs, vous vous moquez bien de voir leurs familles un jour s'offusquer de votre indécence», écrit Hervé Ghesquière dans sa lettre ouverte, avant d'accuser le FN d'utiliser «la monstruosité de Daech pour attiser la peur».