Guyane: Une «épidémie de suicides» chez les jeunes Amérindiens

SUICIDE Le taux de suicide chez les jeunes Amérindiens est huit à dix fois plus élevé que la moyenne...

20 Minutes avec agence
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Guyane - illustration.
Guyane - illustration. — JOBARD/COEURS DE NATURE/SIPA

« On peut parler sans exagération d' « épidémie de suicides ». C’est ce qu’indiquent la sénatrice de Seine-Saint-Denis, Aline Archimbaud (EELV), et la députée d’Ille-et-Vilaine, Marie-Anne Chapdelaine (PS), dans le rapport « Suicide des jeunes Amérindiens en Guyane française : 37 propositions pour enrayer ces drames et créer les conditions d’un mieux-être », remis à la ministre des Outre-mer, George Pau-Langevin.

Le taux de suicide chez les jeunes Amérindiens est en effet entre huit et dix fois plus élevé que parmi la population guyanaise en général. Les deux parlementaires tirent le signal d’alarme face à cette situation préoccupante et tentent d’en déterminer les causes.

 Remise du rapport sur la #Guyane à Mme Pau Langevin, Ministre des Outre Mer. https ://t.co/upmNyZAxnZ pic.twitter.com/oertJ1HenN
— chapdelaine_marie_an (@ma_chapdelaine) December 15, 2015

Une crise identitaire sérieuse

Le rapport évoque ainsi une sérieuse crise identitaire chez ces jeunes, qui doivent trouver un environnement de vie entre modernité et traditionalisme marqué. Alcoolisme, violence, manque d’accès à des éléments fondamentaux comme l’eau, l’électricité, les soins ou l’emploi font également partie des facteurs cités.

Pour les 10.000 Amérindiens vivant en Guyane française et pour les jeunes de cette communauté qui se tournent trop souvent vers le suicide pour mettre fin à leur mal-être, le travail des élues avance des propositions.

Des solutions difficiles à mettre en oeuvre

Comme par exemple la prise en charge psychiatrique des suicidaires et de leurs proches à travers des antennes médico-psychologiques sur les sites isolés les plus touchés, la réalisation d’infrastructures élémentaires ou la possibilité pour les jeunes scolarisés loin de chez eux de revenir le week-end.

Des idées qui, comme l’admet le rapport, ne seront pas simples à appliquer, en particulier à cause du manque criant « de moyens de transports pratiques et immédiats » qui permettraient la mise en place de solutions concrètes.

 .@ma_chapdelaine @AlineArchimbaud #Guyane "Nous sommes obstinées mais la réalité est lourde" #Amérindiens
— Groupe écolo Sénat (@ecolosenat) December 16, 2015