Tweets de Marine Le Pen: Une enquête ouverte pour «diffusion d'images violentes»

POLICE La présidente du Front national a posté des photos de décapitation ce mercredi...

N.Beu. avec AFP

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La présidente du Front national Marine Le Pen a décliné jeudi l'invitation de la principale mosquée de Montpellier à se rendre à sa journée portes ouvertes le 8 juin, tandis que le député Gilbert Collard l'a acceptée, estimant qu'"on gagne toujours à mieux se connaître".
La présidente du Front national Marine Le Pen a décliné jeudi l'invitation de la principale mosquée de Montpellier à se rendre à sa journée portes ouvertes le 8 juin, tandis que le député Gilbert Collard l'a acceptée, estimant qu'"on gagne toujours à mieux se connaître". — Martin Bureau AFP

Une enquête préliminaire a été ouverte ce mercredi soir à Nanterre après les tweets de Marine Le Pen et de Gilbert Collard pour « diffusion d’images violentes ».

Plus tôt ce mercredi, Bernard Cazeneuve avait signalé à la police les photos d’exactions de Daesh tweetées par Marine Le Pen, annonce l’AFP. Le ministre de l’Intérieur a annoncé, devant les députés, avoir signalé auprès de la plateforme Pharos de la direction centrale de la police judiciaire les photos en question, afin qu’elle « puisse se saisir de l’affaire ». Ces photos sont celles « de la propagande de Daech et sont à ce titre une abjection, une abomination et une véritable insulte pour toutes les victimes du terrorisme », a déclaré le ministre, qui répondait à une question du député socialiste Joachim Pueyo.

« C’est la raison pour laquelle j’ai tout simplement demandé, conformément aux procédures en vigueur, que la plateforme Pharos de la direction centrale de la police judiciaire puisse se saisir de cette affaire, comme elle le fait à chaque fois que ces photos sont diffusées, de manière à réserver toutes les suites qui doivent l’être », a déclaré le ministre.

« Daech c’est ça ! »

Marine Le Pen avait tweeté quelques heures plus tôt des photos d’exactions du groupe Etat islamique, dont une d’un homme décapité, pour s’en prendre au journaliste Jean-Jacques Bourdin qui a selon elle « fait un parallèle » entre l’Etat islamique et le FN, la présidente du parti d’extrême droite s’attirant au passage les foudres de Manuel Valls.

« Le parallèle fait ce matin par Jean-Jacques Bourdin entre Daech et le FN est un dérapage inacceptable. Il doit retirer ses propos immondes », avait d’abord tweeté Marine Le Pen, avant de poster trois photos successivement mentionnant l’animateur de BFMTV-RMC avec le texte « Daech c’est ça ! » : un homme vêtu d’une combinaison orange sous les chenilles d’un char, un homme vêtu de la même manière enflammé dans une cage, un corps d’homme décapité avec la tête posée sur le dos. Les photos étaient visibles intégralement dans les tweets de Marine Le Pen, sauf pour les internautes qui dans leurs paramètres veulent être avertis avant de voir des images sensibles. En ce cas, par défaut, Twitter masquait ces images mercredi matin.

Mercredi soir, Marine Le Pen n'avait pas retiré ses tweets. Elle ironisait même, demandant au ministre de l'Intérieur s'il comptait la poursuivre pour «diffamation contre Daech»