Pôle emploi: Prison ferme pour la conseillère qui avait détourné plus de 400.000 euros

JUSTICE L’ancienne employée avait créé dix comptes d’allocataires fictifs…

20 Minutes avec agences

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Photo prise le 30 juillet 2014 montrant le logo Pôle Emploi, à Villeneuve d'Ascq au nord de la France
Photo prise le 30 juillet 2014 montrant le logo Pôle Emploi, à Villeneuve d'Ascq au nord de la France — PHILIPPE HUGUEN AFP

Le tribunal correctionnel de Brest a condamné mardi une employée de l’agence Pôle emploi de Morlaix (Finistère) à deux ans de prison dont 18 mois avec sursis pour « escroquerie par personne chargée d’une mission de service public ».

Entre 2011 et l’été 2015, l’ancienne employée a détourné 412.000 euros en créant dix comptes d’allocataires fictifs, inventant des entretiens et interceptant méthodiquement les courriers qui devaient leur être adressés afin de ne pas éveiller les soupçons. C’est lors d’un contrôle interne qu’elle a fini par être repérée et licenciée pour faute grave, fin août.

Des vêtements, voyages et cadeaux aux proches

L’argent, perçu sur des comptes bancaires créés à son nom et au nom de ses enfants, lui servait à acheter « tout et n’importe quoi », a-t-elle expliqué. Le vice-procureur de la République de Brest, Bastien Diacono, a fait quant à lui état « d’une garde-robe pléthorique ».

Employée depuis 1978, aux Assedics, puis à Pôle emploi, l’ancienne salariée s’est également offert des voyages et a gâté ses proches, qui n’étaient au courant de rien selon elle. Pour justifier ces achats, elle évoquait des primes reçues de son employeur et un héritage perçu en 2008.

Une affaire « assez terrible pour la solidarité nationale »

Elle devra effectuer sa peine d’emprisonnement via le port d’un bracelet électronique, et a été condamnée à rembourser la somme détournée. Le vice-procureur Bastien Diacono avait requis une peine de quatre ans d’emprisonnement, dont 18 mois avec sursis, dans cette affaire qu’il a qualifiée « d’assez terrible pour la solidarité nationale ». Il a aussi souligné l'« ironie de l’histoire ». Depuis son licenciement, l’ancienne employée bénéficie d’une véritable allocation d’aide au retour à l’emploi.