Laïcité: Poésie et débats au menu dans les écoles de Paris

ÉDUCATION La journée de la laïcité était célébrée pour la première fois ce mercredi, de la classe préparatoire à la terminale...

L.C.

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Un élève travaille avec la charte de la laïcité, le 9 décembre 2014, à l'école de Pantin.
Un élève travaille avec la charte de la laïcité, le 9 décembre 2014, à l'école de Pantin. — EREZ LICHTFELD/SIPA

Une journée spécialement dédiée à la laïcité pour les élèves français. Une demi-journée en réalité, calendrier scolaire oblige, la date du 110e anniversaire de la promulgation de la loi de 1905 sur la séparation des Eglises et de l’Etat tombant en effet ce mercredi 9 décembre. Pour cette première édition de la journée de la laïcité créée après les attentats de janvier 2015, le ministère de l’Education mettait avait mis en ligne sur son site officiel des « outils pédagogiques » sur la loi de 1905 ainsi qu’une charte de la laïcité. Mais qu’en était-il dans les classes ? 20 Minutes est allé à la rencontre des élèves de la capitale.

Théâtre, débat et arbre de la laïcité

« Tous les établissements participent », nous explique-t-on au ministère de l’Education nationale, avant de préciser que les directeurs d’établissement et les professeurs sont libres de choisir la manière d’aborder le sujet de la laïcité. Et libres de choisir de ne rien organiser de spécial ? « Normalement il se passe quelque chose », nous répond-on. Ce « quelque chose » peut prendre la forme de « groupes de discussion, de lectures, de pièces de théâtre, de chants, de dessins ».

 

 

Dans certains établissements, des « arbres de la laïcité » ont été plantés et quelques-uns des 5.400 réservistes citoyens ont été invités par les enseignants à discuter avec les élèves. 

 

Dans d’autres, comme au lycée Pierre de Fermat, les collégiens et lycéens étaient invités à une conférence sur le thème, à l’issue de laquelle ils pouvaient poser leurs questions aux enseignants. Les professeurs peuvent aussi compter sur le référent laïcité nommé depuis 2013 dans chaque académie.

 

En CP, lecture de poésie

Devant l’école élémentaire Clichy (Paris, 9e arrondissement), ce mercredi à l’heure de la sortie des élèves, aucun des parents interrogés par 20 Minutes n’est informé de l’existence de cette journée. Sur un mur du hall de l’école, la charte de la laïcité, créée en 2013 par le ministère de l’Education nationale, trône pourtant.

 

Le mot « laïcité » ne revient pas immédiatement à Joseph, 6 ans et demi, lorsqu’on lui demande ce qui était célébré aujourd’hui à l’école. Mais dès qu’on le lui souffle, il répond, du tac au tac : « Oui, la maîtresse nous a expliqué qu’il fallait respecter les gens même s’ils sont pas pareils que nous. Et aussi y’a des grands de CM1 qui sont venus dans notre classe pour réciter une poésie sur la laïcité ». En classe préparatoire, l’établissement a choisi la poésie pour évoquer cette notion parfois complexe à saisir pour de jeunes enfants. Pour Octave, 6 ans, également en CP, c’était une journée « un peu » spéciale. Ce qu’il a retenu de cette lecture poétique ? « On déclenche plus des guerres… et après je m’en souviens plus ».

En CM2, des discussions sur la religion

Pour les élèves de CM2 du même établissement, les enseignants ont opté pour des discussions en classe. « On a cherché la définition du mot laïcité dans le dictionnaire. La maîtresse nous a expliqué que ça a un rapport avec la paix, le respect, la liberté, l’égalité et aussi la religion. C’est l’opinion qu’on a soi-même de la religion, on ne peut pas trop en parler dans les établissements publics parce que c’est nos opinions », raconte Inès, 10 ans, qui a trouvé cette demi-journée très intéressante car elle a « appris de nouvelles choses ». Au menu de ces discussions, des sujets aussi variés que les « mythes grecs » ou l’histoire de « Jeanne d’Arc ».

A quelques rues de là, au lycée Condorcet, aucun lycéen ne semble connaître l’existence de cette journée. « La vie associative de l’établissement, les élèves et l’administration sont déjà très actifs tout au long de l’année sur ce thème », nous répond la proviseure, qui souligne aussi le rôle de l’EMC (enseignement moral et civique, créé en 2013). Donc rien de « spécial » n’a été prévu pour cette journée.