Laïcité: Une journée spéciale dans les écoles, onze mois après «Charlie»

EDUCATION Les établissements scolaires sont appelés à parler de la «laïcité» ce mercredi auprès des élève, dans un climat marqué par les attentats du 13 novembre…

W.M.

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Le ministère de l'Education a distribué auprès de tous les chefs d'établissement "le livret laïcité", un guide pratique destiné à aider le personnel enseignant à "faire comprendre la laïcité"
Le ministère de l'Education a distribué auprès de tous les chefs d'établissement "le livret laïcité", un guide pratique destiné à aider le personnel enseignant à "faire comprendre la laïcité" — Jean-Christophe Verhaegen AFP

Les établissements scolaires doivent ce mercredi célébrer une Journée de la laïcité. Cent dix ans après la loi de séparation des Eglises et de l’Etat de 1905, cette journée a été décrétée par François Hollande au lendemain des attentats contre Charlie Hebdo et l’Hyper cacher. A l’époque, des élèves avaient contesté la minute de silence, ce qui avait amené l’Education nationale à s’interroger sur les valeurs de laïcité que véhicule l’école.

Mais onze mois plus tard, avec les attentats du 13 novembre, le climat a changé. Au lendemain des attaques de Paris et de Saint-Denis, ceux qui avaient osé dire « Je ne suis pas Charlie » ou « Je suis Charlie mais… » se sont tus. Après Charlie, « la distance dominait chez les élèves, parce que les caricatures leur semblaient blasphématoires », raconte au Monde Isabelle Bailleul, professeure dans un lycée du Havre. Aujourd’hui, l’égalité devant la mort, l’identification à la jeunesse parisienne du Bataclan a « fait muter cette coupure entre “eux” et “nous” », observe-t-elle.

L’inquiétude des évêques français

Pour ne pas laisser à cette journée un écho confidentiel, la ministre de l’Education nationale, Najat Vallaud-Belkacem, s’est rendue au collège Matisse à Paris (20e). Par ailleurs, la directrice de l’enseignement scolaire, Florence Robine, a adressé un mail aux enseignants le 4 décembre. « Je sais votre attachement à faire vivre la laïcité dans vos classes et vous remercie par avance de votre engagement », écrit-elle selon Le Figaro.

De son côté, les évêques français s’inquiètent du passage « d’une laïcité de l’Etat à une laïcisation de la société ». La Conférence des évêques de France (CEF) rappelle dans un communiqué que la loi de 1905 est avant tout « une loi voulant favoriser l’exercice des libertés ». « Certains voudraient que l’ensemble de la vie en société soit laïque et que les citoyens croyants n’expriment et ne vivent leur foi que dans un strict espace privé de plus en plus réduit, voire caché », regrette Mgr Georges Pontier, archevêque de Marseille et président de la CEF.

Charte de la laïcité