Rétro 2015: Carlton, Lambert, primes de Guéant… Les affaires qui ont défrayé la chronique judiciaire

RETROSPECTIVE «20 Minutes» revient sur les cinq affaires judiciaires qui ont marqué l'année 2015...

Vincent Vantighem

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Claude Guéant, Dominique Strauss-Kahn et les pilotes Bruno Odos et Pascal Fauret.
Claude Guéant, Dominique Strauss-Kahn et les pilotes Bruno Odos et Pascal Fauret. — SIPA

Les magistrats n’ont pas chômé… Du procès de l’affaire dite du Carlton à celle des primes en liquide « détournées » par Claude Guéant, l’année 2015 a été marquée par de nombreuses affaires judiciaires. 20 Minutes revient sur les cinq plus marquantes d’entre elles…

  • Février : Le Carlton ou la vie sexuelle dévoyée et dévoilée de DSK

Dominique Strauss-Kahn à Lille, le 11 février 2015. - Christophe Ena/AP/SIPA


« Abattage », « boucherie », « partouze », « acte contre nature »… Il aura fallu trois semaines, en février, au tribunal correctionnel de Lille pour examiner en détail la vie sexuelle de Dominique Strauss-Kahn et de ses amis impliqués dans l’affaire dite « du Carlton ». Un temps nécessaire pour déterminer si l’ancien favori des sondages en vue de la présidentielle de 2012 avait « aidé », « assisté » ou « protégé la prostitution d’autrui ».

Autrement dit, s’il n’était rien d’autre qu’un proxénète. Le tribunal de Lille a répondu par la négative, estimant que DSK ne connaissait pas le « statut » de prostituées des filles avec lesquelles il avait couché. Au final, la France aura simplement appris que l’ancien patron du FMI avait, de son propre aveu, une « sexualité plus rude » que la moyenne des hommes. Mais que cela ne l’avait pas empêché, toujours selon lui, de « sauver le monde » lors de la crise financière de 2008.

Pour aller plus loin :

>> Ce que les soirées du Calrton nous ont appris sur la vie sexuelle de DSK

>> Revivez en live l’audition de DSK devant le tribunal de Lille

>> Bonus track : Les punchlines de Dodo la Saumure en vidéo

  • Juin : Le sort de Vincent Lambert divise toujours autant ses proches

Des militants anti euthanasie devant l’hpôital de Reims - F.NASCIMBENI AFP

Une plainte pour « tentative d’assassinat ». Un soi-disant projet d’enlèvement. Et au milieu, une cinquantaine de militants catholiques anti-euthanasie. La famille de Vincent Lambert a continué, cette année, à se déchirer autour du sort du patient en état végétatif depuis un accident de la route en 2008.

Alors que la Cour européenne des droits de l’homme a validé, le 5 juin, la procédure d’arrêt des soins du jeune homme dont les lésions sont « de nature à être irréversibles », ses parents ont multiplié les recours pour éviter qu’il ne soit débranché. Au final, le CHU de Reims où il est hospitalisé a demandé l’aide de la justice pour que son patient soit placé sous protection juridique le temps que les esprits s’apaisent. « Je ne sais pas si on peut encore avoir de l’espoir », se lamente Rachel, son épouse, favorable, elle, à l’arrêt des soins.

Pour aller plus loin :

>> Le CHU demande la mise sous protection de Vincent Lambert

>> Interview : Rachel Lambert n’a plus d’espoir

>> Bonus track : Quand la mère de Vincent Lambert est conseillée par l’Opus Dei

  • Septembre : Le procès de l’horrible mort du petit Bastien

Charlene Cotte (à g.) et Christophe Champenois (à dr.) - AFP


Il a juré qu’il avait « vraiment » aimé son fils. Et pourtant, Christophe Champenois a été jugé pour avoir, le 25 novembre 2011, placé Bastien, trois ans, dans le lave-linge avant de lancer l’appareil sur le mode « essorage ». Condamné à trente ans de réclusion criminelle, il n’a pas réagi à l’énoncé du verdict.


Pas plus que Charlène Cotte, sa compagne, condamnée, elle, à douze ans de prison pour « complicité ». « J’ai fait ce que je pouvais, avait assuré cette femme à la cour d’assises de Seine-et-Marne peu avant le verdict. D’habitude, j’arrivais à calmer Monsieur mais ce jour-là, sa haine a été plus forte… »
 

Pour aller plus loin :
 

>> Les parents du petit Bastien condamnés à trente ans et douze ans
 

>> Pour les associations, c’était « une exécution »

 

>> Portraits : Une mère passive, un père qui boit souvent absent

  • Octobre : Quand les pilotes d’Air Cocaïne prennent la poudre d’escampette

Pascal Fauret et Bruno Odos lors de leur exfiltration. Capture BFM TV


Ils ont prétexté une promenade en bateau. Mais au large, c’est un puissant zodiac qui a conduit Bruno Odos et Pascal Fauret sur la petite île de Saint-Martin d’où ils ont rejoint la France. Condamnés à 20 ans de prison en République dominicaine pour avoir tenté de ramener un passager et ses valises remplies de cocaïne en France, les deux pilotes ont pris la poudre d’escampette le 25 octobre.

« Très très emmerdé », le Quai d’Orsay n’était, selon une de nos sources, pas informé de leur exfiltration. Dénonçant la justice dominicaine une fois sur le sol français, les deux pilotes ont donc annoncé qu’ils se mettaient à la disposition de la justice française. Elle les a pris au mot. Le 9 novembre, ils ont tous les deux étaient placés en détention provisoire dans l’attente de leur procès et, sans doute, du film qui retracera un jour leur rocambolesque histoire.

Pour aller plus loin :

>> Comment les pilotes ont échappé à la justice dominicaine

>> Revivez en live leur arrivée sur le sol français

>> Bonus track : Doit-on parler d’évasion ou d’exfiltration dans ce cas-là…

  • Novembre : Claude Guéant se fait coincer pour des primes en liquide

Claude Guéant au palais de justice de Paris - AFP


« Quel con j’ai été de garder les factures… Franchement ! » Claude Guéant ne se doutait pas qu’il était placé sur écoutes en juin 2013. Il aura fallu deux ans pour qu’il se retrouve sur le banc des prévenus pour avoir détourné une partie des frais d’enquête et de surveillance de la police lorsqu’il était directeur de cabinet de Nicolas Sarkozy au ministère de l’Intérieur.


Condamné à deux ans de prison avec sursis, 75.000 euros d’amende et surtout cinq ans d’interdiction d’exercer tout mandat public, l’ancien secrétaire général de l’Elysée a immédiatement annoncé son intention de faire appel de la décision. Selon la Cour des comptes, 34 millions d’euros au total auraient pu avoir été détournés et ventilés dans les services du cabinet sans aucune pièce justificative. Si ce ne sont les factures du mobilier que Claude Guéant s’est offert, selon Le Monde, avec une partie de ces sommes.
 

Pour aller plus loin :
 

>> Tout comprendre à l’affaire des primes en liquide
 

>> Condamné, Guéant annonce son intention de faire appel
 

>> Bonus Track : Quand Claude Guéant répond à Roselyne Bachelot