Affaire Adidas: Avant sa condamnation, Bernard Tapie a mis ses actifs à l’abri

JUSTICE Le 30 novembre, le tribunal de commerce de Paris validait une procédure de « sauvegarde » confiant tous les actifs de l’homme d’affaires à un administrateur judiciaire parisien…

B.D.

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Bernard Tapie en 2013 à Marseille.
Bernard Tapie en 2013 à Marseille. — KARINE VILLALONGA/SIPA

Bernard Tapie se disait vendredi « ruiné de chez ruiné », au lendemain de sa condamnation à rembourser les quelque 404 millions d’euros octroyés dans le cadre du litige qui l’oppose au Crédit Lyonnais à propos de la revente d’Adidas.

Pourtant, quatre jours avant l’arrêt de la Cour d’appel de Paris, l’homme d’affaires avait pris les devants, et confié tous ses actifs à un administrateur judiciaire parisien, Me Frédéric Abitbol, dans le cadre d’une procédure dite de « sauvegarde » validée par le tribunal de commerce de Paris, révèle Le Monde ce mardi.

Pas de saisie immédiate

Cette procédure, applicable jusqu’au 30 mai 2016 pour les deux sociétés de Bernard Tapie -GBT et FIBT-, et renouvelable une fois, empêche l’Etat de dépêcher des huissiers afin de saisir immédiatement les actifs en question pour rembourser le Consortium de réalisation (CDR), l’organisme public chargé d’apurer le passif du Crédit Lyonnais. Le CDR pourra cependant demander le remboursement des sommes versées, mais en passant impérativement par un mandataire judiciaire.

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« Ce n’est pas une manière de fuir ou d’organiser mon insolvabilité. C’est même tout le contraire, puisque le tribunal sait tout de mes actifs. J’ai tout mis sur la table », a assuré l’homme d’affaires au Monde, qui a également préparé sa contre-attaque judiciaire : un pourvoi contre l’arrêt de février annulant l’arbitrage de 2008 est toujours devant la Cour de cassation, et un autre recours devrait être formulé contre sa condamnation à rembourser les quelque 404 millions.