Importants coups de filet dans les milieux proxénètes en France

FAITS DIVERS Les policiers ont procédé depuis dix jours à une trentaine d’interpellations à Marseille, Anger et Nice…

William Molinié

— 

Une prostituée
Une prostituée — Remy Gabalda AFP

Un grand coup de pied dans la fourmilière des proxénètes. Les policiers ont démantelé depuis dix jours trois réseaux distincts de prostitution à Marseille, Angers et Nice, a appris 20 Minutes de sources policières. En tout, ce sont 25 proxénètes qui ont été mis en examen, dont 19 ont été écroués. Ils sont poursuivis pour proxénétisme et traite des êtres humains.

Bars et hôtels de la Côte d’Azur

La première affaire concerne la ville de Nice. Les enquêteurs ont mis au jour un réseau hongrois d’une vingtaine de prostituées originaires de la ville de Pecs. « Les filles étaient exploitées dans des chambres d’hôtel », explique Jean-Marc Droguet, chef de l’Office central pour la répression de la traite des êtres humains (OCRTEH). Les gains de cette équipe avoisinaient les 30.000 euros chaque mois.

A Marseille, c’est dans le quartier de l’Opéra que 16 proxénètes ont été interpellés. Entre 70 et 90 prostituées, françaises ou maghrébines, officiaient dans des établissements de nuit du quartier. « Les lieux étaient connus depuis plusieurs années. Mais nous n’avions pas pu matérialiser le proxénétisme », poursuit le commissaire. Des fermetures de bars sont d’ailleurs en cours. Les policiers ont saisi près de 400.000 euros sur les comptes bancaires de ces établissements.

>> A lire aussi : Un réseau de prostitution démantelé à Lyon après un an d'enquête

« Les proxénètes privilégient des villes intermédiaires »

Enfin à Angers, les enquêteurs se sont intéressés à une filière chinoise de prostituées exploitées à partir d’annonces sur Internet. Le réseau, très structuré, mettait en scène cinq proxénètes dont chacun avait une tâche bien précise. L’un s’occupait de photographier la chambre et de mettre en ligne les annonces, un autre était chargé de louer l’appartement. Un troisième d’organiser les transports ou un quatrième de prendre les rendez-vous. De sorte que la prostituée n’avait qu’à accueillir le client et était exploitée au maximum de sa rentabilité, jusqu’à 600 euros par jour.

« Cette affaire illustre une nouvelle tendance que l’on voit apparaître dans ce type d’affaires. Les proxénètes privilégient des villes intermédiaires comme Beauvais, Saint-Brieuc… Là où on n’est pas habitué à les voir », analyse Jean-Marc Droguet. Le réseau d’Angers impliquait une vingtaine de filles. Les enquêteurs ont saisi 100.000 euros en espèce.

>> A lire aussi: Démantèlement d'un réseau de prostitution dans cinq salons de massage