Etat d'urgence: Trois mosquées fermées depuis la semaine dernière

ANTI-TERRORISME Bernard Cazeneuve a répondu ce mercredi aux questions des députés inquiets d’éventuels abus…

L.C.

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Bernard Cazeneuve, le 30 novembre 2015 à Bordeaux.
Bernard Cazeneuve, le 30 novembre 2015 à Bordeaux. — Ugo Amez/SIPA

Face aux inquiétudes des députés, Bernard Cazeneuve défend l’état d’urgence. Après l’annonce de la mise en place d’un « dispositif de contrôle inédit » de l’application de l’état d’urgence, le ministre de l’Intérieur a tenu à faire une déclaration publique à midi ce mercredi. Il a notamment annoncé que trois mosquées ont été fermées depuis la semaine dernière.

 

Un contrôle parlementaire « renforcé »

Afin de contrôler l’application de l’état d’urgence, déclenché après les attentats du 13 novembre, la Commission des Lois sera dotée des pouvoirs d’une commission d’enquête et de tableaux de bord de suivi, selon son président Jean-Jacques Urvoas (PS), proche de Manuel Valls.

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Dans la foulée de cette annonce, le ministre de l’Intérieur a défendu l’état d’urgence au cours d’une déclaration publique à midi. « C’est le terrorisme qui menace les libertés, pas l’état d’urgence », a affirmé Bernard Cazeneuve.

Trois mosquées fermées en une semaine

Bernard Cazeneuve a annoncé que trois mosquées ont été fermées depuis la semaine dernière, à Lyon, Gennevilliers et à Lagny-sur-Marne, où une vaste opération de police a été menée ce mercredi matin. Cette perquisition a « conduit à la notification de 22 interdictions de sortie du territoire », « neuf mesures d’assignation à résidence d’individus radicalisés », ainsi qu’à la saisie d’un revolver 9 mm « chez un individu qui a été aussitôt placé en garde à vue », a précisé le ministre.

Le revolver a été saisi chez les « dirigeants » de la mosquée de Lagny. Des documents sur le djihad, « un disque dur dissimulé », et une école coranique non déclarée ont aussi été découverts. Selon Le Parisien, l’ancien président de la mosquée est «connu pour ses prêches radicaux». Il est accusé d’avoir été impliqué dans "l’endoctrinement et le recrutement de volontaires pour le djihad en Syrie". L'homme a fui en Egypte, avec une dizaines de fidèles, en décembre 2014.

 

De plus, « trois associations pseudo-cultuelles seront dissoutes », a annoncé le ministre.

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Nouveau bilan chiffré de l'état d'urgence

Par ailleurs, Bernard Cazeneuve a également transmis un nouveau bilan chiffré des opérations menées dans le cadre de l’état d’urgence depuis les attaques terroristes de Paris et Saint-Denis. Selon la place Beauvau, 2235 perquisitions, 263 interpellations, 232 gardes à vue ont été effectuées. Elles ont mené à l’ouverture de 346 procédures judiciaires et permis de saisir 334 armes, dont 34 armes de guerre. Quelque 165 découvertes de stupéfiants ont aussi eu lieu.

Chiffres de l’Etat d’urgence (au 1er décembre 2015)
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Selon le ministre de l'Intérieur, «330 assignations à résidence ont été prononcées à l'égard d'individus suivis par les services de renseignement essentiellement pour des activités en lien avec la mouvance islamiste radicale», dont 26 «limitées à la durée de la COP21 concernent des personnes connues des services de police pour leur participation antérieure à des manifestations violentes».

Des statistiques publiées sur un site dédié

Concernant le contrôle parlementaire de l’état d’urgence, le ministre a annoncé qu’il serait « renforcé ». Dans cette optique, le préfet François Ambroggiani sera chargé de transmettre des informations aux parlementaires.

 

Dans un souci de transparence, des données statistiques seront également publiées de façon hebdomadaire sur « une page dédiée » sur le site de l’Assemblée.