L'Etat veut se séparer d'un terrain... à Palmyre, en Syrie

MONDE C’est l’une des bizarreries relevées par des sénateurs dans la liste des biens appartenant à la France…

M.P.

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Le ministère de l'Economie et des Finances, à Bercy, à Paris le 19 octobre 2014
Le ministère de l'Economie et des Finances, à Bercy, à Paris le 19 octobre 2014 — Bertrand Guay AFP

Avec son programme de vente des biens appartenant à l’Etat, le gouvernement compte engranger 600 millions d’euros pour l’année 2016. Mais la partie ne pourrait pas être si simple, si l’on en croit un rapport de deux sénateurs, le Républicain Michel Bouvard et le socialiste Thierry Carcenac, qui pointent des projets peu réalistes, rapporte Acteurs Publics. Notamment la vente d’un terrain… à Palmyre, en Syrie. 

« On peut légitimement s’interroger sur le réalisme de certains projets : d’après la liste transmise à vos rapporteurs spéciaux, France Domaine prévoit par exemple de céder un terrain situé à Palmyre, ville de Syrie occupée par l’organisation État islamique », écrivent-ils dans leur rapport. 

 
L’Arc de triomphe de Palmyre, le 19 juin 2010 en Syrie - AFP

 

Certes une zone qui a des attraits, car proche d’un site archéologique mondialement connu mais surtout dans un lieu occupé (et défiguré) par Daesh en 2015… Difficile d’imaginer que l’Etat français puisse en effet trouver un acquereur pour ce site.

Par ailleurs, les deux sénateurs notent que les prévisions pour 2016, de 500 millions d’euros, sont en baisse de 21 millions par rapport au total des ventes de 2015. Une baisse qui s’explique notamment par la conjoncture sur le marché immobilier. Et les biens mis en vente pour 2016… figuraient pour la plupart - 716 sur 930 - sur la liste des cessions de 2015.

A noter qu’en 2015, 79 % des 521 millions d’euros collectés viennent de la vente de trois sites seulement : la caserne de la Pépinière à Paris, l’immeuble du ministère de la Justice situé rue Halévy à Paris, et le campus diplomatique de Kuala Lumpur.