INFOGRAPHIE. Les destinations préférées des élèves des grandes écoles pour étudier à l'étranger

EDUCATION La Chine est désormais le deuxième pays d'accueil des étudiants des écoles de commerce et d'ingénieurs...

Delphine Bancaud

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L'université Tsinghua est une université chinoise située à Pékin, considérée comme une des plus prestigieuses de la République populaire de Chine.
L'université Tsinghua est une université chinoise située à Pékin, considérée comme une des plus prestigieuses de la République populaire de Chine. — REX/REX/SIPA

Partir à l’étranger au cours de son cursus, ce n’est plus une option mais une obligation dans la majorité des écoles de commerce et d’ingénieurs. La preuve avec l’enquête biennale* sur la mobilité étudiante, dévoilée par la Conférence des grandes écoles (CGE) ce mercredi.

Le Royaume-Uni en tête

Selon celle-ci, les séjours académiques des étudiants ont augmenté de 27 % en deux ans. « Chaque école possède désormais en moyenne une centaine d’accords d’échange avec des établissements étrangers et une trentaine d’accords concernant les doubles diplômes, ce qui se traduit forcément par de plus nombreux départs », explique Francis Jouanjean, délégué général de la CGE. Une fois sur place, 80 % des étudiants restent au moins trois mois, afin que l’expérience soit réellement enrichissante.

En tête de liste des destinations préférées des étudiants des grandes écoles : le Royaume-Uni. Ils étaient même 25 % de plus y partir en 2013-2014 par rapport en 2011-2012. « Le besoin de perfectionner leur anglais et la proximité de ce pays reste les principaux critères qui incitent les élèves à y partir », indique Yves Poilane, président de la commission des relations internationales de la CGE. Certains étudiants pensent aussi au coup d’après, car ils envisagent de travailler au Royaume-Uni juste après l’obtention de leur diplôme.

La forte progression de la Chine

Plus surprenant : la Chine prend désormais la deuxième place du classement des pays pour étudier chez les élèves des grandes écoles. Le nombre de ceux qui y sont partis a fait un bond de 84,6 % en deux ans. « Nos étudiants ont bien conscience que la Chine est la nouvelle grande puissance économique et que les Chinois représentent un quart de l’humanité. Ils entendent de plus souvent parler de l’implantation de grandes entreprises chinoises dans l’Hexagone, comme le rachat du Club Méditerranée par Fosun ou l’entrée de DongFeng au capital de PSA Peugeot-Citroën. Ils ont donc bien compris l’intérêt pour un futur cadre de connaître une expérience dan ce pays », explique Yves Poilane. Les grandes écoles ont d’ailleurs beaucoup développé les accords d’échanges avec la Chine ces dernières années. « Et la Chine va sans doute devenir la première destination d’ici deux ans », anticipe Yves Poilane.

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L’Amérique du Nord fait toujours rêver

Les Etats-Unis restent toujours attractifs aux yeux des étudiants français, dont le nombre a d’ailleurs crû de 21 % en deux ans. « Sa place de troisième destination préférée se justifie par le fait que ce pays jeune et dynamique fait toujours rêver. Et le succès des entreprises de la Sillicon Valley n’y est pas étranger », note Yves Poilane.

Dans la même logique, le Canada continue à susciter de nombreux séjours, puisqu’il se hisse à la quatrième position des destinations préférées des étudiants français (+18,8 % en deux ans). « Les Français éprouvent toujours une réelle affection pour les Québécois. Et les établissements prestigieux comme l’université McGill ou Hec Montréal attirent nos étudiants », analyse Yves Poilane.

L’Allemagne en forte hausse

L’Europe n’est pas en reste puisque l’Allemagne se classe à la 5e place (+32,6 %) et l’Espagne à la 6e (+14,7 %) des pays où les étudiants français viennent séjourner. « La réussite industrielle de l’Allemagne en fait une destination attractive pour les ingénieurs. Et l’Espagne est plébiscitée par les étudiants qui parlent déjà bien anglais et qui veulent bien maîtriser une troisième langue », observe Yves Poilane.

A noter aussi la progression du Brésil, qui a accueilli 56 % étudiants de plus en deux ans. « Les grandes écoles invitent de plus en plus leurs élèves à avoir une expérience qui sorte des sentiers battus dans un pays émergent. Et la forte croissance du Brésil, qui suscite des implantations de groupes français tels que l’Oréal ou Total, constitue un attrait pour les étudiants », analyse-t-il. Un intérêt qui ne risque pas de fondre dans les prochaines années…

*L’étude porte sur 26.057 élèves de 170 grandes écoles qui ont effectué un séjour d’études à l’étranger en 2013-2014.