VIDEO. Etat d'urgence: Valls n'écarte pas de le prolonger après le 26 février

SECURITE Le Premier ministre a dressé sur Europe 1 un premier bilan chiffré des perquisitions administratives permises par l'état d'urgence décrété après les attentats à Paris et Saint-Denis...

N.Bg. avec AFP

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Manifestation en plein état d'urgence à Rennes le 28 novembre 2015.
Manifestation en plein état d'urgence à Rennes le 28 novembre 2015. — MATHIEU PATTIER/SIPA

Il en reste un peu, je vous le mets ? Sur Europe 1 ce mardi, Manuel Valls a déclaré qu’il ne fallait pas « écarter », « en fonction de la menace », la « possibilité » d’une prolongation de l’état d’urgence après le 26 février, terme fixé par la loi adoptée dans la foulée des attentats. Le cas échéant, « il faudra agir avec beaucoup de responsabilité », a assuré le Premier ministre, qui a rappelé l’intention de l’exécutif d’inscrire la notion d’état d’urgence dans la Constitution.

Manuel Valls a certes reconnu « une restriction des libertés » due à cet état d’urgence, mais précisément « pour protéger nos libertés ». L’interdiction absolue de manifester sur la voie publique en Ile-de-France, prise après les attentats, a pris fin dans la nuit de lundi à mardi comme prévu. La préfecture de police de Paris pourra toutefois encore prendre des mesures d’interdiction ponctuelles.

Manifester ou ne pas manifester ?

Cinquante-huit personnalités ont lancé lundi un appel pour défendre la liberté de manifester pendant l’état d’urgence, à l’initiative du député écologiste Noël Mamère, du responsable du NPA Olivier Besancenot et du porte-parole de l’association Droit au Logement Jean-Baptiste Eyraud.

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« Il y a un débat dans notre société », a reconnu le Premier ministre, « l’état d’urgence a été voté pour trois mois par le Parlement (qui) lui-même va contrôler (sa) mise en oeuvre ». « Beaucoup de manifestations ont eu lieu encore dimanche un peu partout en France, mais on s’est malheureusement aperçu à Paris, place de la République, que la violence pouvait être là… (et) mettre en cause la mémoire des victimes » des attentats de Paris et Saint-Denis, a déploré Manuel Valls.

Plus de 300 personnes ont été interpellées après des échauffourées qui ont eu lieu dimanche après-midi entre des manifestants radicaux et la police, après une chaîne humaine qui a réuni pacifiquement des milliers de participants venus faire pression sur les dirigeants réunis pour la conférence internationale sur le climat (COP21). « Nous avons fait face à un acte de guerre avec une menace précise » et pour y « faire face (…) il faut se protéger, c’est le sens de l’état d’urgence », a encore souligné le Premier ministre. « Nous devons vivre avec et les Français doivent vivre avec mais ma responsabilité, c’est de dire cette vérité », a-t-il poursuivi.

Plus de 2.000 perquisitions administratives

Et l’état d’urgence, ça sert notamment à mener des perquisitions administratives. Plus de 2.000 ont été menées et plus de 210 personnes placées en garde à vue, dans le cadre de l’état d’urgence, a énuméré mardi le Premier ministre Manuel Valls.

« Nous sommes à plus de 2.000 perquisitions administratives qui ont été menées depuis la mise en place de l’état d’urgence. Elles ont permis de saisir 320 armes, dont une trentaine d’armes de guerre. Plus de 250 procédures judiciaires ont été initiées suite à ces perquisitions, plus de 210 personnes ont été placées en garde à vue », a déclaré Manuel Valls sur Europe 1. Selon lui, « cela prouve bien que ces perquisitions ne sont pas dues au hasard et qu’elles permettent d’étayer des soupçons objectifs ».