Affrontements liés à la COP21 : «Personne n’est venu avec la volonté de détruire le mémorial»

MANIFESTATIONS Associations et collectifs présents dimanche sur la place de la République à Paris déplorent un incident «anecdotique»...

Victor Point

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Des volontaires entretiennent les hommages place de la République le 30 novembre 2015 en mémoire des victimes des attentats du 13 novembre. La veille, des heurts ont éclaté entre forces de l'ordre et manifestants.
Des volontaires entretiennent les hommages place de la République le 30 novembre 2015 en mémoire des victimes des attentats du 13 novembre. La veille, des heurts ont éclaté entre forces de l'ordre et manifestants. —

Ce lundi après-midi, les traces des affrontements qui ont eu lieu dimanche place de la République à Paris, en marge de la COP21, ont presque toutes disparu. Une petite centaine de personnes est comme tous les jours venue se recueillir pour les victimes des attentats du 13 novembre. Et voir à l’œuvre une dizaine de volontaires munis de gants, de sacs-poubelle, de balais et de patience pour nettoyer les hommages autour de la statue. « On plastifie les mots et les dessins, on jette les fleurs fanées et les bougies cassées, on refait les couronnes », détaille Sabrina, fondatrice du collectif 17 Plus jamais, à l’origine de l’initiative. Le groupe, créé à la suite des attentats de janvier, s’occupe depuis d’entretenir bénévolement le mémorial spontané.

Tout le monde s’y met pour entretenir les hommages. V.Point / 20 MInutes

 

Sabrina était là dimanche lors des heurts entre manifestants venus en découdre et forces de l’ordre. Trois à quatre groupes d’une trentaine de personnes chacun, selon les décomptes de la préfecture de police, ont attaqué les CRS qui encadraient les différents rassemblements qui avaient lieu en dépit de l’interdiction officielle. Des vidéos et des photos ont depuis beaucoup circulé dans les médias et sur les réseaux sociaux, témoignant d’affrontements musclés et, surtout, de l’usage de projectiles pris parmi les hommages par les manifestants.

« Tout était prêt pour que cela dégénère »

« Il faut dire que personne n’est venu avec la volonté de détruire le mémorial, préfère préciser Sabrina. Il y avait des idiots, comme dans toutes les manifs, qui ont pris ce qu’ils avaient sous la main. Cela reste une honte, mais dès hier soir on avait remis à peu près tout en ordre. » Jean-Yves, d’Alternatives libertaires, présent dimanche sur la place de la République pour manifester, assure ne pas avoir vu, pour sa part, de projectiles voler. « De toute façon, l’endroit était complètement gazé, on ne voyait rien, lance-t-il. Mais si le gouvernement n’avait pas pris le prétexte des attentats pour interdire toute forme de manifestation, tout se serait passé normalement ! Tout était prêt pour que cela dégénère. »

Au final, seules neuf gardes à vue ont été prolongées ce lundi à la suite des heurts, sur les 317 de dimanche. Beaucoup de bruit pour rien ? Thomas Coutrot, le porte-parole d’Attac, une des organisations à l’origine de la chaîne humaine qui s’est déployée dans le calme d’Oberkampf à Nation, dénonce lui aussi la démesure policière : « Les forces de l’ordre savent parfaitement ce qu’il faut faire pour provoquer des manifestants. Le déploiement sécuritaire autour de la place était beaucoup trop important ! » « Ces incidents ont duré une quinzaine de minutes à peine. C’était anecdotique », abonde Jean-Yves.

 

 

 

 

Ce dernier oppose aux vidéos des manifestants jetant des bougies des photos montrant des CRS piétinant les mêmes hommages (voir ci-dessus)… Des photos qui provoquent la colère de la préfecture de police : « Les CRS ont pu marcher sur des hommages parce qu’ils devaient intervenir contre des manifestants. Ça suffit, il faut arrêter de mettre sur le même plan un saccage volontaire avec lancement de projectiles et la sécurisation de la place de la République ! » Certains manifestants reprochent pourtant aux CRS leur usage de la violence.

 

 

Txetx Etcheverry, d’Alternatiba, l’autre association à l’origine de la chaîne humaine, résume le sentiment des différentes associations mobilisées dans le cadre de la COP21. « Les manifestants qui sont venus au contact de la police sont déplorables. Ils se croient radicaux, mais ils font le jeu du gouvernement, qui va pouvoir plus facilement justifier l’interdiction de manifestations. »