VIDEO. Attentats à Paris: La Belgique veut créer une «CIA européenne»

TERRORISME Les Français et les Allemands y sont réticents car ils y voient une perte de souveraineté nationale...  

20 Minutes avec AFP

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Drapeau Union européenne
Drapeau Union européenne — SAUTIER PHILIPPE/SIPA

Une « CIA européenne » aurait-elle pu empêcher les attentats de Paris et de Saint-Denis du 13 novembre ? C’est ce que pense le Premier ministre belge Charles Michel, invité lundi matin de RTL. Au passage, le chef du gouvernement n’a pas épargné les autorités françaises.

« Nous devons mettre en place le plus vite possible une agence européenne du renseignement, une CIA européenne », pour réunir les informations sur les individus « suspectés d’avoir des tentations radicales » et « démasquer ceux qui ont des intentions hostiles », a affirmé Charles Michel.

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Cazeneuve réticent

« Aujourd’hui, nous avons une difficulté, les échanges d’informations sur le plan européen sont bilatéraux […]. Aujourd’hui il n’y a pas de renseignement harmonisé sur le plan européen », a-t-il regretté. « Si les services de renseignement fonctionnaient sans faille dans l’échange d’informations, il n’y aurait plus jamais aucun attentat dans le monde […] Il n’y a pas d’uniformisation dans les échanges d’informations », a-t-il ajouté.

Pour autant, constate-t-il, les Français n’en veulent pas. « Même votre ministre de l’Intérieur Bernard Cazeneuve est très réticent avec ma proposition de mettre en place une agence européenne du renseignement. »

« Améliorer les échanges d’informations »

L’enquête sur les attentats mis en lumière des failles dans la coopération entre services secrets. La mise en place d’une telle centrale nécessiterait de modifier les traités de l’Union et plusieurs pays membres, à commencer par l’Allemagne, n’ont pas caché leurs réticences.

« Nous ne devrions pas gaspiller notre énergie sur une Agence européenne de renseignement. Je ne peux pas imaginer qu’on puisse renoncer à notre souveraineté nationale » en la matière, avait ainsi réagi vendredi le ministre allemand de l’Intérieur, Thomas de Maizière, pour qui il faut plutôt se « concentrer sur l’amélioration de l’échange d’informations entre des institutions déjà existantes ».

« Je ne stigmatise pas le gouvernement français parce qu’il y a des banlieues où la police n’ose pas se rendre »

Invité à réagir au sujet des critiques formulées pas les médias français au sujet des services de renseignement belges, Charles Michel a répliqué : « Je n’accepte pas ces critiques qui sont terriblement injustes. Vous savez, la France n’a pas réussi à empêcher les attentats de Charlie Hebdo par exemple. Lorsqu’au musée juif, un Français est venu assassiner 4 personnes et puis est retourné en France, la Belgique n’a pas stigmatisé les services de renseignement français. On est tous dans le même bateau ».

Le Premier ministre belge a insisté sur l’importance de « combattre ensemble, main dans la main », les « foyers de radicalisme ».

Il a poursuivi en abordant la « jungle à Calais avec 6.000 réfugiés », les « meurtres en pleine ville et en plein jour » qui ont « régulièrement » lieu à Marseille, ou les « banlieues où la police n’ose pas se rendre », autant de points pour lesquels il ne « stigmatise pas le gouvernement français ».